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 Manquer de respect aux droits d’auteur

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Fleur

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MessageSujet: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 19:56


discutable.)

Je résume: il y a clairement manipulation en ce qui
concerne le vocabulaire utilisé pour parler de ces questions. Le
partage et la copie de fichiers, dans la plupart des cas, ce n’est pas
de la contrefaçon (personne ne vend quoi que ce soit). Et le partage ou
la copie de fichiers, dans tous les cas, ce n’est pas du vol. Ces amalgames servent à faire paraître le crime plus grave qu’il ne l’est.

Manquer de respect aux droits d’auteur ou à la propriété
intellectuelle (une autre notion discutable, voir plus bas), comme
lorsque l’on photocopie en douce un livre à la bibliothèque, grave en
vitesse un CD qu’on nous a prêté, ou télécharge de la musique ou des
films “trouvés” sur internet, ce n’est pas un crime du même acabit que
détrousser une petite vieille, piquer dans la caisse ou au supermarché
du coin, ou braquer une banque.


Je redonne la parole à Tim O’Reilly pour qu’il nous donne sa perception de la copie illégale de fichiers, en tant qu’éditeur:

And overall, as a book publisher who also makes many of our
books available in electronic form, we rate the piracy problem as
somewhere below shoplifting as a tax on our revenues.


Tim O’Reilly

…une taxe progressive sur leur revenu, et un problème moins grave que le vol à l’étalage.

Mythe #2: chaque copie téléchargée représente la perte d’une vente

Qu’est-ce qu’on l’entend, celui-là! Comment peut-on en toute bonne
foi prétendre que chaque personne qui télécharge gratuitement un
fichier sur internet aurait été prête à acheter ce même fichier (ou une
version bridée de celui-ci, merci les DRM) au prix fort? Ce n’est tout simplement pas vrai.

Il ne faut pas négliger le pouvoir de la gratuité: elle incite à
essayer, à prendre des risques, à se procurer ce dont on n’a pas
besoin. Jules passera des heures à télécharger des séries télé… mais
peut-on honnêtement imaginer qu’il les aurait achetées s’il ne les
avait pas téléchargées, avec son budget d’étudiant?

Ça me scandalise que ce soit ce genre de calcul fallacieux qui serve
de base à des estimations de dommages-intérêts en cas de procès.

Une illustration — puisque l’on sait que les histoires valent tous les raisonnements et les chiffres:

A while ago a teacher told me that she didn’t use a chapter
of my book Small Pieces Loosely Joined because she didn’t want to ask
her students to buy the entire volume. She should have instead
freechased the chapter by printing up some copyright-bustin’ copies.
Since she wasn’t going to buy the book, she wouldn’t have been
depriving me or my publisher of any money. And freechasing the chapters
would have created some value: She obviously thought it would have some
salutary effect on the students (presumably as they sharpened their
logical skills by ripping it to shreds), and it’d be in my long term
interest to have students introduced to my writing.


David Weinberger

David Weinberger, auteur de plusieurs livres, raconte qu’une prof
lui a avoué avoir renoncé à utiliser une partie de l’un de ses livres
dans son cours, car elle ne voulait pas demander à ses étudiants
d’acheter le livre entier pour cela. David dit qu’elle aurait
simplement dû photocopier le chapitre en question. Puisqu’elle n’avait
pas l’intention d’acheter les livres, en faisant cela elle ne prive ni
David ni son éditeur d’un quelconque revenu. Il ajoute qu’en plus, en
faisant cela, tout le monde y gagnait: clairement, elle pensait que ses
étudiants gagneraient à étudier ce texte, et David et son éditeur
gagnaient à ce que les étudiants aient un contact avec son livre, qui,
un jour, mènerait peut-être à une vente — qui sait.

Cela nous amène au corrolaire de la destruction de ce mythe: et si,
en plus de ne pas priver le détenteur des droits d’auteur d’une vente,
le partage de fichiers était susceptible d’en générer? C’est ce que
démontre une récente étude hollandaise sur la question (notons que ce n’est pas nouveau: des conclusions similaires déjà en 2002…).

Ajoutons à ces études un peu de logique primaire: comme le dit Tim
O’Reilly, l’ennemi numéro un d’un artiste ou d’un auteur aujourd’hui,
c’est l’obscurité:

For all of these creative artists, most laboring in
obscurity, being well-enough known to be pirated would be a crowning
achievement. Piracy is a kind of progressive taxation, which may shave
a few percentage points off the sales of well-known artists (and I say
“may” because even that point is not proven), in exchange for massive
benefits to the far greater number for whom exposure may lead to
increased revenues.


Tim O’Reilly

Le partage de fichiers a un pouvoir extraordinaire: celui de faire
connaître. Depuis toujours, on fait des cassettes de compilations pour
des amis, on fait écouter ses disques aux invités. La copie de fichiers
est l’équivalent numérique de ces comportements. J’ai découvert Michel
Sardou et Jean-Jacques Goldman parce qu’une de mes amies d’école
m’avait fait des cassettes (illégales). J’ai croché sur Elton John, et
plus tard, acheté plusieurs de ses albums, parce que j’avais fait une
copie (illégale) d’un CD de lui que mon père avait emprunté. Et je ne
vous ferai pas la liste des artistes que j’ai découverts grâce à de la
musique téléchargée (illégalement) sur internet — et dont j’ai fini par
acheter des CDs, et même, dans un cas, un livre.

Rien de nouveau sous le soleil: tout ce qui change, c’est l’échelle.
Question d’échelle qui rend douloureusement visible le fait que
l’industrie de la musique est basée sur une économie de la rareté —
système qui ne tient simplement plus la route dans un monde numérique.

Mythe #3: les artistes sont des gens qui vendent des CDs

Ce mythe-ci, je le trouve carrément insultant pour les artistes. Non
mais, franchement. Pourquoi diable vendre des CDs serait-ce la seule
façon pour un musicien ou un chanteur professionnel de se réaliser dans
la société d’aujourd’hui? Un artiste, c’est tellement plus qu’un
fabricant de CDs.

Les vendeurs de CDs, ce sont les maisons de disques.
Et si on creuse un peu, on imagine qu’à l’origine, la maison de disques
qui produisait l’artiste lui était utile, car les disques étaient le
moyen le plus pratique de diffuser et faire connaître sa musique.
Maintenant, un disque c’est un objet matériel — il faut donc bien le
faire payer.

Mais aujourd’hui? De moyen, le CD est devenu une fin. Alors qu’en
somme, internet offre un moyen bien plus économique de se faire
connaître. Alors certes, on renonce peut-être au revenu de la vente des
CDs.

Mais qui exactement se fait de l’argent quand un CD est vendu? Je
vous le donne en mille: principalement les maisons de disques. (Mais
vous le saviez, non?)

Comment donc est-ce qu’on arrive encore à se faire avoir, en sachant
cela, et avaler des énormités du genre “quand tu télécharges de la
musique sur internet, tu pilles les artistes que tu aimes” (je cite de
mémoire, mais il y avait une grande campagne d’affichage en ville il y
a un an ou deux) — ou encore cette explication (mensongère, vous le
verrez), trouvée sur le site de l’association suisse pour la lutte contre le piratage:

L’artiste vit des droits d’auteurs qu’il perçoit. C’est là
son gagne-pain principal. Comme par définition sur des produits
contrefaits il n’y a pas de droit d’auteur, les artistes sont
totalement spoliés.

Appelons quelques témoins:


  • Courtney Love,
    qui en 2000 déjà sortait sa calculette et nous faisait les maths de la
    production d’un album à succès: un contrat de rêve avec 20% de
    royalties et un million d’avance, pour un groupe de quatre artistes,
    finit par laisser à chacun 45000$ avec lesquels vivre durant un an; le
    disque se vend à un million d’exemplaires, mais entre les frais de
    promo et l’avance à rembourser, il ne restera rien.
  • Steve Albini
    (producteur de “In Utero” de Nirvana) sort aussi sa calculette pour
    nous montrer à quel point le contrat avec la maison de disques est une
    forme moderne de servage; les artistes finissent avec presque rien,
    alors que “l’industrie” fait des millions.
  • Pascal Nègre
    nous avoue qu’un disque d’or touche 4000€ par mois… Une poignée
    d’artistes français, donc, mais qui affichent des revenus bien
    supérieurs. Pas difficile de deviner d’où vient leur revenu: concerts
    et “produits” dérivés.
  • Numérama, enfin, découpe le gâteau et nous dit où va l’argent dépensé lors de l’achat d’un CD (pas de surprise de ce côté-là).


Je résume? Si les artistes sont perdants, c’est parce que les
maisons de disques ont conçu le système pour qu’ils le soient. Et si
vraiment le téléchargement de MP3 sur internet était responsable de la
chute des ventes de CDs… ce sont les maisons de disques qui perdent
gros, pas les artistes. Qu’on arrête de nous raconter des salades et
qu’on appelle un chat un chat — ils ont bon dos, les artistes.

(Et on apprend d’ailleurs de la bouche de la Suisa que les pertes sur les redevances de CDs ont été compensées par celles des concerts… Tiens, tiens!)

Mythe #4: la chute des ventes de CDs est imputable au téléchargement illégal

On le sait tous: si les maisons de disques (et donc les musiciens)
vendent moins de CDs, c’est à cause des vilains pirates qui partagent
(et téléchargent) gratuitement et illégalement de la musique en ligne
(on devrait d’ailleurs aussi leur faire porter le chapeau pour la mort
du vinyle et des cassettes audio et vidéo). N’est-ce pas?

Eh bien, cela reste à prouver:


  • Le CD est maintenant en concurrence
    avec une pléthore d’autres formes de divertissement (DVD à l’achat ou
    la location, jeux vidéo, connexion internet, téléphone mobile,
    concerts, cinéma, manifestations sportives…) — si j’ai un budget
    “divertissements”, est-ce qu’acheter un CD est vraiment la meilleure
    façon de dépenser mon argent (que je puisse ou non me procurer de la
    musique gratuitement en ligne)?
  • Les baladeurs CD ont été remplacés par les lecteurs MP3. 12 titres sur un CD, des milliers sur un iPod. Le format CD est-il encore attractif, et pire, a-t-il encore une raison d’être?
  • Fin 2002, les principales maisons de disques américaines ont été reconnues coupables d’avoir maintenu artificiellement haut les prix des CDs. Et si c’était ce genre de pratique qui décourageait les acheteurs, dès qu’il existe d’autres alternatives?
  • Entre 2000 et 2001, la vente de CDs de contrefaçon a augmenté
    de 50% (4.3 millions de dollars pour 650 millions de CDs). N’est-ce pas
    là un problème sur lequel il mériterait de s’attarder? Cf. mes
    remarques plus haut sur la distinction entre le partage gratuit de
    fichier et la contrefaçon…
  • La variété des artistes mis en
    avant par les maisons de disques (albums publiés, radios, vidéos sur
    MTV) diminue. Par exemple, en 2000, l’industrie du disque a sorti 25% d’albums en moins que l’année précédente. Alors, blâmer la diminution des ventes de 10% sur les méchants pirates, c’est un peu limite.


Un peu plus près de nous dans le temps (je sais, je vous sers des
vieilleries, mais à voir comme l’industrie et les autorités restent
crispés sur leurs positions en ce qui concerne ce sujet, cela n’a pas
grande incidence):


  • Durant le fameux procès The Pirate Bay, le Prof. Roger Wallis a pris la barre pour témoigner de l’absence de lien entre le partage de fichiers et le déclin des ventes.
  • L’étude hollandaise déjà mentionnée plus haut, qui semble montrer que le partage de fichiers encourage plutôt l’achat dans son ensemble.


Quelques articles que je vous conseille (certains sont les sources des points ci-dessus):



L’industrie du disque est une industrie basée sur la rareté des
objets physiques. A l’époque où le seul moyen de distribuer de la
musique, c’est de la mettre sur un support physique, de l’expédier à
travers le pays dans des avions ou des camions, alors oui, il faut
payer ceux qui investissent pour rendre cela possible.

Mais cette époque est révolue. On passe d’une économie de la rareté à une économie de l’abondance.
Dans un environnement numérique, le partage multiplie les biens, alors
que dans un environnement physique, il les divise. Peut-être que le
vrai coupable, dans la chute des ventes de CD, c’est simplement le fait
de vouloir s’accrocher à tout prix à un modèle économique qui n’a plus
lieu d’être le seul possible pour la distribution de la musique.

Mythe #5: on est tous des criminels

Une des conséquences de cet amalgame malhonnête du partage de
fichiers avec le vol, c’est une criminalisation de ceux qui pratiquent
le téléchargement. Est-ce que toute personne qui viole une loi est un
criminel? Si on veut être littéraliste, peut-être que oui — j’avoue ne
pas être une spécialiste des nuances juridiques (crime, délit,
infraction… et comment nomme-t-on les personnes qui en sont coupables?)

Je sors mon chapeau de linguiste. Regardons un peu les connotations des mots.


  • quelqu’un qui braque une banque, viole ou tue quelqu’un: un criminel
  • quelqu’un qui détrousse des passants, cambriole des appartements: un criminel
  • quelqu’un qui trafique les comptes de sa société, puise dans la caisse, escroque autrui: un criminel
  • quelqu’un qui crée des biens de contrefaçon et en vit: un criminel
  • quelqu’un qui fait un excès de vitesse?
  • quelqu’un qui “oublie” certains revenus en remplissant sa déclaration d’impôts?
  • un mineur qui achète de l’alcool?
  • quelqu’un qui photocopie un livre à la bibliothèque, ou copie un CD qu’on lui a prêté?
  • quelqu’un qui tond son gazon un dimanche (on est en Suisse)?
  • quelqu’un qui échappe à BILLAG?
  • un randonneur en tenue d’Adam (ou d’Eve)?


J’espère qu’il est clair, par cette liste d’exemples, que toute infraction à la loi n’a pas le même poids.
Je doute que quiconque envisage d’appeler “criminel” une personne qui
fait un (ou même plusieurs) excès de vitesse, ou photocopie un livre à
la bibliothèque. Car si c’était le cas, nous serions tous des criminels
(que celui qui n’a jamais enfreint la loi se dénonce).

Revenons à ce qui nous intéresse, le partage de fichiers. Voici quelques chiffres:



J’aurais pu creuser plus pour trouver encore d’autres chiffres
(utilisez les commentaires si vous en avez), mais ceux-ci suffisent à
vous donner un ordre de grandeur. En somme, si toutes les personnes
partageant des fichiers sont des criminels, on criminalise la société —
et ça… ça ne tient pas debout.

La loi suit l’évolution de la société et s’y adapte.
Si on se retrouve dans la situation où l’application d’une loi rendrait
la majeure partie d’une société criminelle, je pense que c’est plutôt
la loi et son application qu’il faut repenser, plutôt que s’obstiner à
la tâche (impossible) de son application et criminaliser la société.

Mythe #6: on peut être “propriétaire” d’une idée

Si on creuse, tout le débat autour du partage de fichier prend ses
racines dans la propriété intellectuelle. Si l’on admet les malhonnêtés
des uns et les manipulations des autres, la soif de profit d’une
industrie en perte de vitesse… reste la question que l’on trouve normal
qu’une personne qui crée quelque chose puisse en retirer un profit.

Et je vous rassure tout de suite, je ne prône nullement l’abolition
de la propriété intellectuelle ou du droit d’auteur (je suis moi-même
une personne qui “crée”, et j’avoue que l’idée de pouvoir en vivre au
moins partiellement me plaît bien). Cependant, il faut bien avouer qui
si l’on met côte-à-côte les lois et principes régissant la propriété
intellectuelle et le droit d’auteur avec internet, ses possibilités
technologiques, et la culture qui en est née, ça coince.

La racine du problème est la notion un peu naïve (et erronée) que
l’on peut être “propriétaire” d’une idée. Les idées veulent être
libres: une fois qu’on laisse une idée hors de sa tête, en la partageant sous quelque forme que ce soit, on ne peut plus la reprendre.
On ne peut pas non plus s’en défaire. La nature même de l’idée est de
se propager d’une personne à l’autre, sans que rien ne puisse la
contrôler.

J’aimerais citer à ce sujet-là Thomas Jefferson:

If nature has made any one thing less susceptible than all
others of exclusive property, it is the action of the thinking power
called an idea, which an individual may exclusively possess as long as
he keeps it to himself; but the moment it is divulged, it forces itself
into the possession of everyone, and the receiver cannot dispossess
himself of it. Its peculiar character, too, is that no one possesses
the less, because every other possesses the whole of it. He who
receives an idea from me, receives instruction himself without
lessening mine; as he who lights his taper at mine, receives light
without darkening me. That ideas should freely spread from one to
another over the globe, for the moral and mutual instruction of man,
and improvement of his condition, seems to have been peculiarly and
benevolently designed by nature, when she made them, like fire,
expansible over all space, without lessening their density at any
point, and like the air in which we breathe, move, and have our
physical being, incapable of confinement or exclusive appropriation.
Inventions then cannot, in nature, be a subject of property.


Thomas Jefferson, cité dans Embrace File-Sharing or Die

Pour protéger les oeuvres de l’esprit, dans un monde où leur
expression a un coût, on protège ces expressions. La propriété
intellectuelle, en fait, donne le droit de protéger l’expression d’une
oeuvre ou d’une innovation — mais non celle-ci en elle-même. Je peux
contrôler qui crée et distribue des copies de mon livre dans le monde
physique, mais je peux très difficilement contrôler qui y a accès (une
fois mis en circulation, le livre peut tomber entre les mains de
n’importe qui). Avec un brevet, je peux contrôler qui a le droit de
réaliser et de commercialiser mon innovation, et à quelles conditions.

Les lois de propriété intellectuelle protègent les expressions et non les oeuvres de l’esprit elles-mêmes. Si vous lisez l’anglais, filez lire du début à la fin The Economy of Ideas, écrit par l’ancien parolier des Grateful Dead. Il explique ces choses bien mieux que je ne le pourrai.

Donc, toutes ces lois vont très bien dans un monde où la production
et la distribution des expressions d’oeuvres de l’esprit ont un coût.
Elles ont même été initialement mises en place pour encourager les
auteurs de telles oeuvres à les partager avec le monde. Par exemple,
pour encourager un éditeur à investir dans un auteur, prendre le risque
(financier) de faire imprimer des tas de bouquins et les distribuer,
l’état lui garantit une certaine protection (l’exclusivité) durant un
certain temps. Idem avec la musique.
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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 19:59

Against Perpetual Copyright — Lessig Wiki

Je résume: le droit d’auteur est là pour encourager la diffusion de l’oeuvre, et non l’empêcher. Sans droit d’auteur, l’état naturel des oeuvres de l’esprit est un état de “piraterie”.

A l’heure où l’expression et la diffusion des ces oeuvres de
l’esprit sous forme numérique ne coûte à peu près plus rien, il est
clair que l’attirail juridique en rapport a besoin d’être repensé. Si
diffuser une oeuvre ne nécessite plus d’investissement significatif,
s’il n’y a plus de prise de risque, a-t-elle encore besoin d’une
pareille protection?


Je précise en passant que ceci n’a rien à voir avec la reconnaissance de celui à l’origine de l’oeuvre.
Je vois souvent des gens confondre “droit d’auteur” (= je peux
contrôler la diffusion de mon oeuvre) et “crédit” (=on reconnait que je
suis l’auteur de cette oeuvre) — l’ennemi du crédit étant le plagiat,
qui est une toute autre histoire, que je trouve complètement
condamnable.

Si on accepte qu’on ne puisse pas être “propriétaire” d’une idée,
qu’on ne peut plus, à l’ère numérique, contrôler la diffusion des
choses qu’on rend publiques (c’est ce que j’explique aux ados), se pose donc la question: comment le créateur d’oeuvres de l’esprit gagne-t-il sa vie?

Je vous renvoie à l’article The Economy of Ideas,
qui explore l’importance du contact direct (on retrouve ici un lien
avec le mythe #3): concerts et autres “performances”, produits dérivés…

One existing model for the future conveyance of
intellectual property is real-time performance, a medium currently used
only in theater, music, lectures, stand-up comedy, and pedagogy. I
believe the concept of performance will expand to include most of the
information economy, from multicasted soap operas to stock analysis. In
these instances, commercial exchange will be more like ticket sales to
a continuous show than the purchase of discrete bundles of that which
is being shown.
The other existing, model, of course, is service. The entire
professional class – doctors, lawyers, consultants, architects, and so
on – are already being paid directly for their intellectual property.
Who needs copyright when you’re on a retainer?
In fact, until the late 18th century this model was applied to much of
what is now copyrighted. Before the industrialization of creation,
writers, composers, artists, and the like produced their products in
the private service of patrons. Without objects to distribute in a mass
market, creative people will return to a condition somewhat like this,
except that they will serve many patrons, rather than one.


John Perry Barlow dans The Economy of Ideas

On peut se consoler en se rappelant que ceci n’est qu’un retour à l’état des choses d’avant l’industrialisation de la création.

Mythe #7: c’est la fin du monde! au secours!

Bon, j’avoue, ce dernier mythe je l’ai ajouté principalement pour le
plaisir de taper sur ceux qui s’amuse à faire de l’alarmisme (vous
savez que c’est un de mes dadas).

N’empêche: les hurlements de fin du monde d’une industrie installée “confortablement” sur le pont d’un bateau en train de couler
prêteraient à rire, s’ils n’étaient pas l’indice d’une myopie
historique effrayante. Je vous ai dit au début de cet article que ce
contre quoi je m’élève ici, c’est la malhonnêteté intellectuelle dans
ce débat, et le mépris de l’histoire en fait partie.

Le partage de fichiers n’est pas la première révolution
que connaît l’industrie du disque et du film: l’apparition des
cassettes audio, des enregistreurs vidéo, des graveurs CD, de la radio
(allez d’ailleurs voir à ce sujet The Boat That Rocked
— premièrement c’est un excellent film, deuxièmement la problématique
des radios pirates des années 60 n’est pas sans rappeler le sujet qui
nous occupe ici).

Et avant cela, en parlant de révolutions, c’est simplement l’apparition du support enregistré
qui a révolutionné le monde du théâtre et de la musique (je les entends
d’ici: “quelle plaie, ces enregistrements, plus personne ne viendra me
voir pour écouter ma musique!)

Les modèles commerciaux ont changé, mais la musique et l’art survivent.
Internet est une opportunité incroyable pour quantité d’artistes qui
jamais n’arriveraient à intéresser les gros de l’industrie. Il n’a
jamais été aussi facile de laisser son art trouver un public.

Et à côté de ça, vous avez les majors schizophrènes, comme Sony,
qui tentent d’un côté de profiter de l’explosion du téléchargement
musical et des nouvelles opportunités de développement commercial
qu’elle présente, et d’un autre côté, qui s’aggrippent aux DRM et aux
droits d’auteurs en tant que membre de la RIAA:

As a member of the Consumer Electronics Association, Sony
joined the chorus of support for Napster against the legal onslaught
from Sony and the other music giants seeking to shut it down. As a
member of the RIAA, Sony railed against companies like Sony that
manufacture CD burners. And it isn’t just through trade associations
that Sony is acting out its schizophrenia. Sony shipped a Celine Dion
CD with a copy-protection mechanism that kept it from being played on
Sony PCs. Sony even joined the music industry’s suit against Launch
Media, an Internet radio service that was part-owned by – you guessed
it – Sony.

Les lois aussi s’insèrent dans un contexte historique.
Elles ont été écrites pour répondre à un besoin ou à un problème. Quand
la société change et que les lois finissent par être détournées de leur
raison d’être première, il est temps de se mettre au travail et de
repenser les choses en profondeur.

Conclusion

Si vous avez lu cet article en entier, chapeau — j’ai perdu la trace
du temps que j’ai mis à le rédiger, mais cela se compte en jours. Je
vous invite à laisser un commentaire, je serais ravie d’avoir des
retours. Je ferai de mon mieux pour y répondre.

Si je devais reprendre ici les points les plus importants de mon argumentation, je dirais ceci:


  • il y a un problème de terminologie dans
    ce débat qui brouille les cartes de façon délibérée (partage de
    fichiers / piratage / contrefaçon / vol) et criminalise une pratique
    répandue et plus innocente qu’on voudrait le faire croire (penser
    “photocopier un livre/article à la bibliothèque”)
  • les intérêts des artistes
    et de l’industrie ne sont pas aussi liés que ce que celle-ci voudrait
    nous faire croire (les artistes ont autre chose dans le ventre qu’être
    des vendeurs de disques)
  • sans vouloir abolir la propriété intellectuelle
    et le droit d’auteur, il est temps de les repenser soigneusement à la
    lumière du numérique (en mettant peut-être les intérêts de la culture
    et des citoyens devant ceux d’une industrie à brasser des milliards)
  • la chute des ventes des CDs n’est pas clairement une conséquence du partage de fichiers (il semblerait même, au contraire, que celui-ci stimule l’achat)
  • un fichier téléchargé illégalement n’est pas équivalent à une vente perdue (quelqu’un en doute encore?)


Et finalement, cerise sur le gâteau, les décideurs souffrent d’un déficit effrayant de culture numérique
et ne saisissent souvent pas les conséquences des lois qu’ils passent
(ou tentent de faire passer). Il est certes plus facile d’écouter les
cris de l’industrie et de traiter le partage de fichiers comme de la
contrefaçon, phénomène concret avec lequel on est déjà familier.

(Et là, je me dis qu’en plus de vous recommander de lire le livre L’âge de peer d’Alban Martin… je devrais aussi finir de le lire moi-même!)

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STPo
June 6, 2009 at 17:20


Un bien chouette article !
(tiens, une coquille au passage : “connection internet” > “connexion internet”)




Marie-Aude
June 6, 2009 at 17:23


Très intéressant.
Mais il y a beaucoup de choses avec lesquelles je ne suis pas
d’accord, pas avec ce que tu dis “en soi” mais simplement parce que le
problème est amha nettement plus large que celui des “ados” copiant
pour leur seul plaisir des fichiers de musique.
La “copie illégale” recouvre beaucoup plus de choses, et ce qui me
gêne le plus dans celle des fichiers musique, c’est simplement qu’elle
met en place une culture de la copie qui se retrouve ailleurs.




Frédéric
June 6, 2009 at 17:50


Mythe #8 (malheureusement présent dans l’article): “photocopier en
douce un livre à la bibliothèque”, “graver en vitesse un CD qu’on nous
a prêté”, “télécharger de la musique ou des films “trouvés” sur
internet” est illégal.
La copie d’oeuvres est légale en Suisse quand elle reste dans le
domaine privé (pour la personne qui copie, ou pour sa famille ou amis
proches). Ca inclut photocopier un livre, copier un CD et télécharger
sur Internet (avec le bémol que le “peer to peer” ne fait quasiment
jamais que télécharger, mais met aussi à disposition les parties de
l’oeuvre qui ont déjà été téléchargées, ce qui est illégal) — toutes
ces activités sont donc légales tant que les copies ne sont pas
redistribuées.
Voir par exemple la page de l’IPI pour les détails.




Stephanie
June 6, 2009 at 18:14


Donc en fait, ce qui serait illégal, c’est de mettre à disposition
mes livres ou mes CDs pour que d’autres puissent les photocopier ou les
graver?




Jérôme
June 6, 2009 at 18:24


Voici mes réflexions, au fil de ma lecture. Elles sont donc un peu décousues.
Le piratage n’est effectivement pas un vol. Le vol est défini, en
droit français, comme la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui
(art. L311-1 CP). Il y a donc 4 éléments qui doivent être
cumulativement réunis pour qu’il y ait vol. Le droit suisse est quant à
lui un peu plus précis puisqu’il évoque une chose mobilière (art. 139
CP).
Le piratage ou la contrefaçon pour être plus juridiquement correct
est défini en droit français comme “Toute édition d’écrits, de
composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre
production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des
lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs” (art. Article
L. 335-2 CPI). Le droit suisse parle quant à lui simplement de
violation de droit d’auteur (art. 67 LDA). Il est toujours possible de
profiter des exceptions au droit d’auteur, dans le cadre familial
notamment.
La différence de définition tient évidemment compte du fait que dans
le cas de la contrefaçon il n’y a pas de dépossession de l’œuvre.
S’en tenir simplement à la valeur économique du droit d’auteur est
mon avis une grave erreur. En effet, au delà de l’aspect patrimonial du
droit d’auteur existe, notamment en droit français et en droit suisse
la notion de droit moral. Cela signifie que même avec l’accord de
l’auteur, il n’est pas permis de faire quoique ce soit avec une œuvre.
L’absence de cet aspect moral dans le débat vient à mon sens que les
enjeux sont d’une part économique mais également soumis le plus souvent
au droit américain qui ne connaît que le copyright. Ce dernier ne
connaît pas cette notion de droit moral.
La finalité de la contrefaçon, clairement pécuniaire ou simplement
la curiosité d’écouter une fois un morceau n’entre pas en ligne de
compte dans la loi. La différence se fera par l’application qu’en
feront les juges. Il est évident que des personnes faisant commerce de
contrefaçons seront davantage punies que les internautes ayant
téléchargés des chansons ou des films. De la même manière un gros
téléchargeur sera puni davantage qu’un petit.
La plupart des artistes ont cédés leur droits d’auteurs à des
sociétés de gestion et ont consenti des licences à des éditeurs. Il est
clair que les principales victimes des téléchargements illégaux sont
les éditeurs et non les auteurs eux-mêmes. La moyenne de la redevance
reversée à un auteur est de l’ordre de 8% du prix de vente public.
Les termes relatifs aux infractions : crime, délit, contraventions
renvoient tant en droit français qu’en droit suisse à l’échelle des
peines encourues.
Sur la nécessité de faire évoluer la loi au motif qu’une partie
importante de la population ne la respecte pas est je pense dangereux.
Par exemple, pour rester dans le domaine de la contrefaçon, acheter un
faux sac de marque n’expose une personne, en cas de contrôle à la
frontière qu’à se voir confisquer ce produit. En revanche, le
commerçant qui pratique de manière habituelle ce type de commerce
risque quant lui beaucoup plus.
En droit, l’idée est dite de libre parcours. Le seul moyen de
protéger une idée est de la garder secrète. Le droit d’auteur protège
la mise en œuvre de cette idée. Il est ainsi possible de raconter
plusieurs fois la même histoire.
Le droit d’auteur donne à l’auteur d’une œuvre un monopole
provisoire quant à son exploitation. Il s’agissait à l’origine de
protéger les auteurs contre les abus des éditeurs. Maintenant, il est
possible pour un auteur de laisser son œuvre faire sa vie. Le choix
d’une licence de type CC ou Cecil sont en principe possible. Je dis en
principe possible parce qu’en cas de cession à une société de gestion
de droits, ces licences sont inopérantes.
A mon sens le problème tient davantage à l’obsolescence du modèle
économique des majors qu’à une inadaptation du droit d’auteur. Les
auteurs sont liés à ces majors par des contrats sans que leurs intérêts
soient concordants. Le manque de culture juridique et technique des
artistes ne leurs permet pas de se faire leur propre idée sur la
question.
A quand un nouveau modèle économique ?
Le débat est ouvert !




marco
June 6, 2009 at 18:58


Mon opinion sur le sujet: les pirates sont désormais dans le château du roi.
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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 20:02

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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 20:05

2) La loi de protection intellectuelle a été mis en place contre les éditeurs et non contre le public. Cet argument est très bien expliqué par maitre eolas (http://maitre-eolas.fr/) un blog tellement intéressant que je demande si son auteur dort la nuit.
En effet la loi a été mis en place pour protéger contre les requins qui
gagneraient de l’argent sur le dos des auteurs sans les rémunérer et
absolument pas contre les lecteurs ou spectateurs.
Cela ne change pas forcément grand chose sur le côté délictuel ou criminel de la chose mais je trouve très intéressant ce point.
Si les auteurs/interprètes (mal informés) comme Pierre Arditi ou autres
poussent un peu trop loin la vindicte contre leur propres fans je ne
suis pas certain qu’ils y ont quelque chose à gagner. Par exemple les
DRM dans les jeux sont une source énorme de mécontentement pour le
public fan du jeu qui n’hésite pas à les descendre en flammes sur
internet et – ironiquement – sur les magasins en ligne comme amazon qui
sont obligés de recourir à de la censure, généralement préssés par les
éditeurs.
3) le droit d’auteur et la propriété intellectuelle a t’elle de l’avenir ?
Dans les lignes qui suivent je vais volontairement remettre en cause
certains principes très ancrés justement dans l’avis général (y compris
les défenseurs du P2P), ne serait que pour me faire l’avocat du diable
et pour analyser d’autres voies sans forcément les promouvoir.
Si vous regardez l’histoire des 30 dernières années, la majeure
partie des progrès informatiques sont dus à une négation du droit
d’auteur : Internet lui même n’aurait jamais été
aussi efficace, n’aurait jamais autant rapporté d’argent, si ceux qui
ont inventé les normes et logiciels qui y sont utilisés ne l’avaient
pas fait sans le donner à la communauté. Toute la mouvance Open Source
(ou Free Software) qui d’ailleurs est antérieure à internet s’est
énormément développé depuis.
Les normes, les logiciels (serveur webs, service de messagerie etc…)
Open Source – qui parfois nécessitent autrement plus d’efforts pour
être produit qu’un album de musique enregistré à la vite avec une boîte
à rythme dans un studio – sont non seulement les meilleurs mais comme
j’ai de plus en plus de mal à le rappeler ont créé internet et la
société de communication (à bien ou à mal je vous en laisse juger mais
le point n’est pas là). Oui les technologies propriétaires comme .NET,
les Internet Explorer, les Outlook sont tous postérieurs aux
technologies OSS.
Bref, en tant que développeur OSS je ne profite d’aucun élément de
licence, je n’ai pas de revenus liés à la propriété intellectuelle sur
ce que j’ai pu créer.
Je ne gagne de l’argent que dans le service que je rends (dev
spécifique, installation, formation etc…) et non sur le principe encore
sacrosaint de : je l’ai fait une fois, je gagnerais avec ensuite (dans
le respect des lois qui théoriquement le place dans le domaine publique
après une courte(???) période) – je ne vous ferais même pas l’affront
de définir “courte” dans notre monde où tout va si vite. Ce serait d’un
ridicule…
Vous voyez où je veux en venir ? Alors finalement et j’espère à juste
titre, on peut peut être commencer à remettre en question ces principes
sacro saints comme tu commences à le faire dans le passage où tu te
demandes ou est la protection de l’art si elle freine son expansion.
Pourquoi les madonna, britney spears gagneraient autant d’argent sur
qqchose de produit une fois, l’exemple le plus délirant étant un
michael jackson ou de vieux chanteurs morts qui rapportent des sommes
hallucinantes sans plus jamais donner de concert.
Qu’un artiste gagne plus en travaillant plus cad en donnant des
concerts – il me semble qu’un président avait dit “travailler plus pour
gagner plus” non ? – me parait tout à fait approprié et justement c’est
ce qu’aime leur public.
La mouvance “CC” (Creative commons” – l’équivalent de l’Open Source
pour autre chose que du code) commence enfin à bien décoller pour la
musique justement avec des sites comme jamendo.fr et autre.
L’homme, l’artiste a toujours voulu faire profiter les autres de son
travail et pas uniquement en garder les bénéfices (souvenez vous aussi
qu’il fut un temps SANS duplication possible ! Si si y a pas si lgt…).
Il serait peut être temps que grâce aux progrès techniques on puisse
justement lui simplifier la tâche, qu’en pensez vous ?
Note: pour la musique qui curieusement sont ceux qui crient le plus
(ils ont même en France droit à une taxe sur les mémoires de masse que
d’autres comme les jeux vidéos ne touchent pas ! Cette taxe en elle
même est un affront à tout logique de protection) le modèle basé sur le
service plus que la galette paraît tout à fait approprié.
Pour les films, c’est un peu moins évident mais le cinéma est le
service lui même, après tout et malgré les pleurs de luc besson, 2008 a
été la meilleure année du cinéma (je parle en chiffres) depuis une
décennie… curieux non ? Un film comme “bienvenue chez les chtis” a été
le plus copié… et le plus vu… et celui qui a du rapporter le plus
probablement.
Par contre pour les jeux vidéos cela ne fonctionne pas. Premièrement
les frais d’investissements sont quand même bien plus importants que
pour un CD quoiqu’on en dise (j’aime bcp quand j’entends que le dernier
album de rihanna ou autre à coûté 500k dollars) et ensuite d’ici de
dire que les auteurs vont interpréter le jeu en live… Par contre des
services comme le jeu sur internet ? etc… d’autres pistes à trouver
mais il est clair que c’est un problème.
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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 20:09

Blogs sur la justice et le droit



Blogs politiques (au sens noble)



Blogs hors sujet, pour rire ou rêver



Il n'y a pas que le droit dans la vie, il y a l'économie aussi



Sites utiles



BD Blogs


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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 20:13

Florence
June 7, 2009 at 18:03


Très intéressant!
Je ne résiste pas à citer cette anecdote sur un “copyright” antique sur
les nouveautés gastronomiques des cuisiniers. Le copyright n’est
valable que pour une année et son but est d’encourager la concurrence
et l’excellence.
C’est une loi chez les Sybarites. Elle est rapportée dans le chapitre
25 des Histoires de Phylarchos, lui-même cité par Athénée dans ses
Deipnosophistes 12,20:
« Si un cuisinier inventait de nouvelles et succulentes recettes, nul
autre de ses confrères n’était autorisé à les mettre en pratique
pendant une année, lui seul ayant le privilège de confectionner
librement son plat : le but avoué de la chose était d’encourager les
autres cuisiniers à se concurrencer dans la confection de mets toujours
plus raffinés. Selon ce principe, les marchands d’anguilles ne payaient
pas d’impôts, ni ceux qui les avaient pêchées. De même, les teinturiers
de la pourpre marine, tout comme leurs importateurs, étaient également
exemptés d’impôts. »
Comme quoi les lois et droits d’invention et diffusion sont
culturellement et historiquement déterminés et qu’on réfléchira
peut-être différemment dans quelques temps. Et le problème n’est pas
nouveau!
Merci Stéphanie pour cet éclairage.




Archange
June 7, 2009 at 19:48


@ Laurent
Non effectivement il y a bien des licences et je ne parle pas du
tout du domaine public, mon propos essayait de résumer ce qui est
important dans la discussion générale sur le piratage (cad revenu sur
droits d’auteur), le logiciel libre c’est la négation du revenu sur les
droits d’auteurs pas du droit de celui-ci (le contrôle comme vous
l’avez bien démontré), du coup pas de piratage possible de ces oeuvres
là puisqu’elles sont basées sur le partage.
Du moins dans le sens où on l’entend dans cet article. Il reste
effectivement le piratage de l’oeuvre libre en par exemple l’intégrant
dans une oeuvre propriétaire. Violer la GPL ou autres – car cela
devient technique vu les différences entre elles et je pense que ce
n’était pas le sujet ici – n’est pas du tout lié à la “piraterie” qui
nous vaut toutes les lois et faits liberticides qui nous tombent dessus
en ce moment et je ne m’intéressais pas ici à ces dérives.
Mais vous avez tout a fait raison de réagir, mon propos était un peu
trop “vulgarisé” pour saisir pleinement les subtilités. J’espère que
les arguments auront quand même porté




Archange
June 7, 2009 at 19:54


3 siècles : au vu de l’histoire des arts non je ne pense pas que cela fusse si longtemps
Ceci dit l’imprimerie n’est pas tout à fait la même problématique
(cela reste un boulot énorme pour copier un livre). Je ne suis pas
spécialiste du droit mais il me semble que les concepts de propriété
intellectuelle, de droits d’auteurs et de droits dérivés (interprètes)
ont été inventé au 19eme mais je peux me tromper.




Laurent
June 7, 2009 at 20:36


@ Archange

Ceci dit l’imprimerie n’est pas tout à fait la même problématique >(cela reste un boulot énorme pour copier un livre).
À mon avis c’est exactement la même. Il faudrait que je refasse des
recherches, mais il me semble que tu peux trouver des textes de
Beaumarchais (XVIII ième) qui parlent des imprimeries pirates
exactement comme les majors parlent des pirates aujourd’hui.
Et non, c’est pas un énorme boulot de copier un libre. En tout cas
c’est plus facile d’innonder toute la France de livres à très bas prix
que de construire un serveur de musique : le premier exploit a été
réalisé trois siècles avant le second.
Dès le XVIIième, de nombreuses imprimeries pirates ont commencé à
piller les oeuvres des auteurs de l’époque (Corneille, Racine …). Ces
imprimeries éditaient des livres à très bas prix (nettement moins cher
qu’un mois de connexion internet pour avoir l’intégrale de Racine) sans
en reverser un sou aux auteurs.
La bataille fut longue, mais ça fait certainement depuis le
dix-septième que les auteurs se sentent pillés par les gens qui
diffusent leurs oeuvres sans autorisation. À l’époque, il y avait les
privilèges du roi en France; la pleine notion de droit d’auteurs a
évidement mit du temps à se développer.
Je crois que beaucoup de monde surestime la “révolution” d’internet.
La vraie révolution qui a changé l’histoire de la diffusion des idées,
c’est l’imprimerie, pas l’internet.

le logiciel libre c’est la négation du revenu sur les droits
d’auteurs >pas du droit de celui-ci (le contrôle comme vous l’avez
bien >démontré), du coup pas de piratage possible de ces oeuvres là
>puisqu’elles sont basées sur le partage.
Dit comme ça, je suis bien d’accord (je pinaillerais bien sur le
fait que violer une GPL en distribuant un code modifié fermé est du
piratage … mettons … en tout cas, c’est mal et ça vaut un procès)
Cependant, nous sommes d’accord que l’auteur a bien le droit de contrôler
la façon dont l’oeuvre est distribuée. Pour moi, à partir de là, un
corollaire est que le piratage de musique, c’est le mal parce que ça ne
permet pas à l’auteur ce contrôle.
À partir de là, tout le reste c’est bu blabla. Si tout le monde est
tellement certain que la musique gratuite est tellement gagnante, ils
n’ont qu’à écrire de la musique et la publier gratos, et on verra bien.
Richard Stallmann n’a pas écrit à Microsoft pour leur dire qu’ils
devaient changer de modèle, et puis il n’a pas cautionné le piratage de
Windows sous prétexte qu’il y avait moyen de faire des logiciels
libres. RMS a fait des logiciels libres.
Eh bien que parmi les millions d’internautes persuadés que la musique
gratuite 2.0 est encore plus rentable que la musique payante 1.0, il
s’en trouve un qui ait le courage de le prouver … mais qu’on foute la
paix aux artistes qui ne le croient pas et qui préfèrent parier sur le
1.0.




Jean-no
June 8, 2009 at 1:28


Une autre chose un peu négligée dans le débat : l’industrie musicale
en 2009 représente sans doute plus d’argent que jamais dans toute son
histoire. Elle dépasse toujours le jeu vidéo qui lui-même dépasse le
cinéma. Certes, elle connaît des bouleversements (la virtualisation des
supports notamment) et on comprend qu’il en naisse de la peur, mais ce
secteur est extrêmement riche.
Je pense que les industriels ne sont pas fous : ils savent que le jour
où les musiciens auront compris que le numérique permet à terme de se
passer de labels et d’éditeurs, ce sera la fin d’un certain modèle
économique, même si les revenus des artistes resteront confortables ou
même, augmenteront.




Laurent
June 8, 2009 at 9:43


@Jean-no

Je pense que les industriels ne sont pas fous : ils savent que le
jour où les musiciens auront compris que le numérique permet à terme de
se passer de labels et d’éditeurs, ce sera la fin d’un certain modèle
économique, même si les revenus des artistes resteront confortables ou
même, augmenteront.
[mode ironique, prise au mot]
Effectivement, quand on voit à quel point les artistes qui publient
sur Jamembo et sur magnatunes sont mieux connus et vendent plus que
ceux chez les majors, on a du mal à comprendre pourquoi certains
artistes restent chez les majors.
Tous les jours je vois au moins 15 blogs qui parlent d’un artiste de
Jamembo en mettant un lien direct vers un OGG d’une chanson à découvrir
absolument. C’est ce super-pouvoir de diffusion et de partage créé par
l’internet, et favorisé par le modèle du gratuit2.0 de Jamembo qui fait
en sorte qu’il ne se passe pas un jour sans que je découvre un nouvel
artiste ultra-talentueux … sans parler de l’intégration à Rythmbox et
Amarok qui me permettent d’acheter (au prix que je veux !) en ligne
directement dans mon lecteur de musique.
[fin de mode ironique, prise au mot]
Nan sérieux maintenant, est-ce que tu as le moindre indice pour
étayer ton propos ? un exemple d’artiste qui vend plus depuis qu’il a
arrêté son contrat avec un major pour le mettre au gratuit2.0 ?
Note que le le modèle du tout gratuit 2.0 n’est absolument pas partagé
par les petits producteurs, qui plaident pour un maintient du CD
physique à payer :
http://www.feppia.org/site/




D Ruzicka
June 8, 2009 at 10:14



  1. Il n’y a pas de bon, il n’y pas de méchant. Le paranoïa de Sony se tirant dans ses propres pattes en est un amusant exemple.
  2. Ceux qui vont dans le sens du progrès technologique seront toujours
    gagnants sur ceux qui essaient de le freiner et d’engranger des
    bénéfices sur ce freinage.
  3. Un autre modèle juridique doit être mis en place ou le modèle existant doit être adapté.
  4. De nouveaux modèles économiques doivent être inventés.





Gabriel
June 8, 2009 at 10:35


Superbe article, merci Steph de remettre un peu les pendules à l’heure!
Tout cela me paraît mettre en lumière le besoin de réforme du droit
autour de ces questions de droit d’auteur, tel que le suggère
d’ailleurs Larry Lessig, prof de droit à Stanford, et qui a fait une
excellente conférence à TED: http://www.ted.com/talks/larry_lessig_says_the_law_is_strangling_creativity.html
Il compare la situation actuelle à l’époque où les premiers avions
étaient apparus. A cette époque, selon le droit américain, les
propriétaires terriens avaient un droit sur leur propriété sans limite
vers le haut et le bas. Les avions qui commencèrent à parcourir le ciel
furent d’abord considérés comme des pirates car ils violaient ce droit
à la propriété… Puis, finalement, le bon sens fit que l’on modifia la
loi pour l’adapter à une réalité du monde moderne. Le droit des
propriétaires se limita à quelques mètres de hauteur au-dessus de leur
propriété.
Verra-t-on un tel bon sens se mettre en place pour les questions de copyright?




Laurent
June 8, 2009 at 11:34



A cette époque, selon le droit américain, les propriétaires terriens
avaient un droit sur leur propriété sans limite vers le haut et le bas.
Les avions qui commencèrent à parcourir le ciel furent d’abord
considérés comme des pirates car ils violaient ce droit à la propriété…
Puis, finalement, le bon sens fit que l’on modifia la loi pour
l’adapter à une réalité du monde moderne. Le droit des propriétaires se
limita à quelques mètres de hauteur au-dessus de leur propriété.
La situation n’est pas la même. En effet, la propriété de l’espace
au-dessus de sa maison était donnée simplement parce que la question ne
s’était jamais posée. Un peu comme aujourd’hui le droit internationnal
décrit la Lune comme étant une zone internationnale … juste parce que
la question de la propriété du sol lunaire ne s’est jamais posée.
Dans le cas des droits d’auteurs, la question s’est déjà posée, et
elle se pose de façon réccurente depuis au moins trois siècles. Le fait
que l’artiste ait le droit de poser des conditions sur la diffision de
ses oeuvres est un droit qui a été pensé et re-pensé depuis des
siècles; ce n’est absolument pas comparable avec l’espace aérien
au-dessus des propriétés des gens.
Au péril de me répéter, je rappelle que le logo et le nom de Firefox
par exemple sont parfaitement protégés. Donc même des personnes aussi
évoluées dans l’utilisation de l’internet comme moyen de diffusion des
idées que la fondation Mozilla considèrent le droit d’auteur comme
important, et ne se privent pas de les utiliser de façon très
contraignante pour empècher qu’on fasse n’importe quoi de leurs
créations.
Aujourd’hui, le créateur de quelque chose a un droit de poser des
conditions sur la diffusion, et les gens intéressés par la chose sont
priés de respecter les choix du créateur. Je ne vois absolument pas
pourquoi il faudrait changer ce principe.
Encore une fois : le fait qu’il existe des logiciels libres ne donne
pas le droit de pirater Windows. Microsoft et Mozilla font des choix
différents dans leurs moyens de diffusion. Qu’on respecte chacun
d’entre eux.
Avec la musique, même chose. Certains mettent leur musique sur Jamembo,
d’autres sur Magnatunes et encore d’autres chez des majors (trois
modèles économiques très différents). Si la musique de Magnatunes ne
vous plaît pas, n’achetez pas; si les prix des majors ne vous plaîsent
pas, n’achetez pas. Mais rien ne vous donne le droit de ne pas
respecter des conditions de l’un parce qu’un autre a mit des conditions
qui vous plaîsent plus.




alban martin
June 8, 2009 at 11:39


Très bonne analyse, qui permet de bien replacer les choses dans leurs contextes !
PS: la fin du livre l’age de peer est la meilleure:)




Elisabeth Stoudmann
June 8, 2009 at 12:49


Bon Stéphanie,
Tu m’impressionnes. Quel boulot! Je vais relire ça attentivement ce
soir… Mais c’est très intéressant. D’accord sur la plupart des points.
Je précise quand même une chose tout de suite. Il est clair que ce sont
les maisons de disques qui souffrent le plus de cette crise et qui
manipulent l’information pour que l’on pleure sur leur triste sort…
Néanmoins, les artistes crèvent aujourd’hui plus la dalle qu’il y a dix
ans. Et tant qu’un nouveau modèle économique ne sera pas mis en place
ce sera très dur pour eux.
Cela dit, je trouve aussi qu’il y a plus de bonnes musiques en
période de crise qu’en période d’abondance… Mais bon, chut… ça il ne
faut pas le dire! Ce n’est pas politiquement correct!
Bisous




Stephanie
June 8, 2009 at 14:01


Le comble pour un article sur le piratage, me direz-vous, mais un petit malin s’est amusé à reproduire sur son blog l’intégralité de mon article.
Alors oui, on pourrait discutailler: mon article est sous Creative
Commons (je suis d’ailleurs encore pas certaine que ce soit affiché sur
le blog), donc a priori, on peut le reproduire… Reste à voir ses
motivations.
Mais c’est au minimum impoli et ça me fâche un poil.
Edit: Après une discussion
par IM tout à fait civile, Alexis a réduit sa reproduction de l’article
à l’introduction, et rendu plus clair la distinction entre “mon texte”
et “son texte”. Tout est donc en ordre, merci!




Actustragicus
June 8, 2009 at 15:41


Article très intéressant, merci ! Il existe en effet des subtilités
de vocabulaire juridique qui ne sont pas toujours bien définies (en
droit français, un contrevenant n’est pas un délinquant, et un
délinquant n’est pas un criminel ; mais c’est exact que ceux qui y ont
intérêt mélangent allègrement les termes)… Il est cependant possible
que cet article soit plus influencé par la législation anglo-saxonne du
copyright que par le droit d’auteur français (je ne connais pas la loi
suisse, ni son vocabulaire juridique).
Manque une chose à mon avis, concernant le droit dit “moral” : une
raison d’être essentielle du droit d’auteur était d’éviter le plagiat ;
or, internet limite considérablement le plagiat, dans la mesure où il
est beaucoup plus facile aujourd’hui, via une recherche généralement
simple, de retrouver la source originale d’une idée – les étudiants qui
s’amusent à faire des copier-coller dans leurs mémoires l’ont appris à
leurs dépens… Internet protège donc au contraire le droit moral !




Laurent
June 8, 2009 at 16:32



Mais c’est au minimum impoli et ça me fâche un poil.
Mais à côté de ça, les artistes devraient, eux, accepter qu’on pompe
et rediffuse leurs créations dans la plus totale liberté … pardon, mais
je ne vois pas ton problème à être reproduite.
La personne t’a cité explicitement comme auteur, et a mit un lien
vers ton site. Sous quelle forme une reproduction de ton texte t’aurait
moins agacé ?
Grâce à cette reproduction, ton texte est maintenant référentié deux
fois sur Google, tu gagnes donc en reconnaissance et en popularité.
Un petit mot d’explication me ferait du bien parce que là je suis un peu déboussolé




Stephanie
June 8, 2009 at 17:35


Laurent: je vois bien que toute cette conversation te déboussole.
Sans vouloir être impolie, je trouve que ton argumentation prend
facilement un peu l’eau, et que tu te jettes allègrement sur les
commentaires des autres pour tenter de les démonter. Je te serais
reconnaissante de calmer un peu tes ardeurs par ici, merci.




Christine
June 8, 2009 at 18:39


Bravo Stéph, superbe article!:-)




Laurent
June 8, 2009 at 19:01


Non non, la conversation ne me déboussole pas du tout. Je comprend
bien les arguments des uns et des autres; je suis même tombé d’accord
avec plusieurs.
Ce qui me déboussole, c’est le décalage entre ce qui a été dit
jusqu’ici et le fait d’être agacé de se voir pomper son texte dans des
conditions aussi respectueuses que citer l’auteur, mettre un lien et
demander de poster les commentaires sur le billet original.
Si ça c’est agaçant, alors je en comprends pas ce qui peut ne pas être agaçant.




Jean-no
June 8, 2009 at 20:27


@Laurent : Je me base sur une bête équation… à quoi servent les
maisons de disques exactement ? Production, édition, diffusion,
promotion. Depuis une décennie, avec quelques milliers d’euros de
matériel, on peut produire un disque. Si l’importance des supports
physiques baisse, la partie édition peut se passer d’éditeurs, tout
comme la diffusion peut se passer de diffuseurs, mais sur ce point
encore faudrait-il que les gros marchands de musique (deezer,
virginmega, itunes, etc.) et les gros consommateurs de droits d’auteur
(Nouvelle star etc.) jouent mieux le jeu, ce qu’ils ne font
généralement pas tout bêtement parce qu’ils sont liés financièrement.
Reste la promotion… Imposer un titre de Britney Spears sur toutes les
radios pendant quinze jours, ça coûte extrêmement cher effectivement,
mais ça rapporte mécaniquement. Maintenant en tant qu’auditeur ça ne
m’intéresse pas tellement, cette approche de la musique, je pense qu’il
y a une place pour plus de musiciens qui gagnent correctement leur vie
et moins de musiciens qui représentent des dizaines de millions.
Le secteur de la musique ne peut pas changer de monde en un claquement
de doigts, il n’y est pas préparé. Mais en même temps le monde change,
alors changer est une question de survie. Dans les années 1950, les
musiciens vivaient d’abord de concerts, il y avait un orchestre dans
chaque théâtre ! Et puis ce monde la a disparu et les Barclay et autres
ont fait fortune sur le microsillon. À présent nous sommes dans une
nouvelle mutation, et ceux qui en profiteront seront ceux qui auront
compris les premiers comment.
Il faut tout changer pour que rien ne change comme l’écrivait Lampedusa.




Laurent
June 8, 2009 at 21:49


@Jean-no
Je suis tour à fait d’accord. La technologie permet de baisser des
coûts, de se procurer la musique plus facilement, et il faut en
profiter. J’ai même déjà prit l’initiative d’opérations de promotion
2.0 de musique que j’aimais bien [1,2].
Cependant, l’exploitation de l’internet pour faire la promotion de
sa musique n’est pas une chose aisée. Itune, Magnatunes et Jamembo sont
trois modèles très différents qui exploitent l’internet. Les deux
premiers ont encore une notion forte de droit d’auteurs restrictifs
(Magnatunes ne permet pas de donner à plus de trois amis chaque musique
qu’on achète), le troisième est nettement plus libriste.
Je suis certain qu’il existe encore des milliers d’intermédiaires possibles.
Mon premier point n’est pas dans l’existence d’un modèle économique qui permet de faire vivre un créateur en laissant copier tout ou une partie de son oeuvre.
Mon point est que personne ne connait une combinaison gagnante,
personne n’a d’exemples à fournir d’artistes qui ont réussi à bien
fonctionner en se basant sur un modèle de musique 2.0.
De plus, quand je fait la comparaison avec le logiciel libre, il y a de
quoi être frileux : Ubuntu est en perte, Suze a plus ou moins racheté
par Microsoft et Mandriva est déjà passé plusieurs fois à deux doigts
de la faillite.
Donc : laissons chaque artiste décider pour lui même sur quel cheval
il parie, et respectons son choix. Un artiste veut passer par un major,
eh bien c’est son droit : on n’a pas à pirater sa musique. Si il est
frileux, je le comprends.
Mon second point est l’importance même du concept de droit d’auteur.
Si je crée quelque chose, j’ai le droit de contrôler comment ça se
diffuse. J’ai cité l’exemple de Firefox qui ne permet pas d’utiliser
son logo, qui ne permet pas non plus d’utiliser des versions modifiées
de son code sans fournir le code des modifications (close héréditaire
de la GPL). Je peux aussi citer Wikipédia qui n’est pas libre du tout
au sens de “les auteurs laissent tomber tous leurs droits”. Tu ne peux
par exemple pas faire de copier-coller de Wikipédia vers un document
Word au format doc. (la licence FDL à laquelle est soumit le contenu de
Wikipédia est looooongue)
Bref, même dans les initiatives les plus 2.0 (Firefox, wikipédia,
Magnatunes), on retrouve la notion de droit d’auteurs, et la notion que
l’auteur ne veut pas que sa création soit diffusée n’importe comment.
[1]http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/03/13/Des-transcrition-de-Bach-pour-aubois
[2]http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/03/08/Des-quartets-de-Mozart
Revenir en haut Aller en bas
http://bamby2.forumactif.org
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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 20:16

wallen-ch
June 9, 2009 at 12:30


Stéphanie, excellent billet que tu as écris là sur le dit
“piratage”. Ceci dit, sans remettre en cause le fond de ce post, je ne
pense pas que cela soit la bonne défense dans le débat qui s’annonce
sur la décision du TAF sur Logistep. Les opposants à Hadopi en France
n’ont pas été aidé par le “réseau des pirates” – au contraire. Cet
argument, même s’il est pertinent, ne peut pas fédérer une part assez
large de la population, au contraire il fait peur à une grande partie
de la population.
En réalité, que l’on soit pour ou contre le piratage n’a aucune
importance dans cette affaire, il s’agit simplement d’une attaque
inacceptable de la sphère privée – une attaque qui devrait faire peur
autant à gauche qu’à droite, autant aux jeunes qu’au moins jeunes. De
plus, la méthode de Logistep est inefficace et va mener à accuser des
“non-pirates”… ce qui rend nul et non avenue l’argumentaire du TAF
selon lequel “la fin justifie les moyens”.
Etant donné, le résultat très serré de la votation sur le passport
biométrique, on peut imaginer que les chances d’une telle mobilisation
soient réelles. J’en parle sur mon blog : http://tinyurl.com/no6nz4.
Par ailleurs, pour aider à informer sur le sujet, j’ai crée une
carte reprenant les différents posts et articles sur la décision du TAF
et sur Logistep en général: http://www.pearltrees.com/wallen/map/1_46099/
A promouvoir, c’est en informant le plus possible des dangers de cette
décision que l’on créera un mouvement s’y opposant. S’il y a d’autres
articles à ajouter, n’hésitez pas à me le dire.




Iwanami
June 9, 2009 at 12:52


Hello a tous.
Bravo pour ton article, Steph, j’adore
bon, j’ai pas lu les commentaires jusqu’a la fin, mais il y a tout
de même un certain nombre de choses auxquelles je veux réagir.
premièrement, le recul de ventes de cds: prenons un exemple. Britney
Spears a gagné en 2009 (et pas en 2008, si j’ai bien compris, ça ferait
donc depuis le début de l’année. c’est du coup encore pire…) 35 mio. de
$ (selon Forbes). disons que tout son revenu vient de la vente de cds.
les ventes ont reculé de 10%. 35 M$ – 10% = 31.5 M$.
MON DIEU LA PAUVRE! en 6 mois, elle a gagné plus que moi durant
(probablement) toute ma vie. je trouve donc ridicule que des stars
viennent se plaindre de ça. et je parle même pas des maisons de disque
qui se font encore plus de pognon la dedans.
maintenant, la défense habituelle, c’est “et le petits artistes?”.
déjà, comme l’a déjà dit quelqu’un, internet (sans majuscule, il mérite
pas), c’est un moyen de se faire connaitre. et je sais que énormément
de monde (moi le premier) achète des œuvres quand ça lui plait – même
les grand groupes, hein. j’ai acheté tout Metallica, Iron Maiden et
Rammstein (entre autres), parce que j’aime ça. et dans le cas de petits
groupes, allez aux concerts, ça leur est bien plus utile…
deuxièmement, le droit d’auteur:
Je pense effectivement que le droit d’auteur a une raison d’être. celle de protéger ses idées et d’éviter le plagiat.
maintenant, en ce qui concerne la musique, par exemple, je trouve que
la copie n’affecte en rien les idées des artistes et ce n’est pas du
plagiat non plus. sur ma liste de lecture, il y a tous les noms
d’artistes, les titres, les albums, etc. je ne me suis rien approprié.
tout ce que j’ai sur mon ordi (légal ou pas, le n’est pas la question)
ne m’apparient pas. je ne vole donc pas d’idée ni les plagie.
je trouve par contre faux de s’attribuer les mérites des autres. (cf. le type qui a copié l’article de Steph).
troisièmement, le prix de la musique:
ma biblio musicale contient 6220 chansons. en moyenne 20 chansons par cd, ça fait 311 cds. a 30.- le cd, on arrive a 9330 .-
en achetant un cd par mois, il me faudrait près de 26 ans pour arriver
la. j’en ai 22, je suis étudiant, et jusqu’à ma 2eme de gymnase (17
ans, donc), j’avais 50.-/mois d’argent de poche. et évidemment, j’ai
autre chose a faire de ma thune que d’acheter des cds (surtout a cet
age-la. je suis sur que vous avez pas oublié, pour les plus âgés
d’entre nous). c’est clair et net que si on me propose la même chose en
gratuit, je vais pas hésiter une fraction de secondes quant a ce que je
vais faire.
donc, même si certains groupes (de musique, cinématographiques, etc.)
se plaignent du piratage, ils ont qu’a s’en prendre a eux-mêmes. ce
sont eux qui l’ont provoqué…




Stephanie
June 9, 2009 at 13:58


Julien: En fait, j’ai commencé à écrire ce billet bien avant
l’histoire de Logistep, autour de l’époque du verdict dans le procès
The Pirate Bay. Je crois que j’en ai parlé autour de moi un peu, et
j’ai été frappée de voir à quel point l’équivalence “pirater = voler”
avait été intégrée par des personnes tout à fait normales parmi mes
amis. J’ai commencé des recherches, je me suis mise à écrire, etc. et
la décision du TAF m’a remise sur le dossier le week-end passé.
Je ne pense pas non plus que c’est un article comme ça qui va aider contre Logistep. Je vise plus large, disons.




wallen-ch
June 9, 2009 at 14:51


@ Stéphanie, mon post est modifié en conséquence.
Du coup, je ne peux que t’encourager à utiliser ton blog pour mener la “charge” contre la décision du TAF sur Logistep…




kalvin
June 9, 2009 at 16:58


excellent !! chapeau mzelle




Marie-Aude
June 9, 2009 at 18:03


Voilà, j’ai pris le temps – grâce à toi – d’organiser mes idées.
Ma réponse était trop longue pour la mettre ici, mais pour résumer :
je suis parfaitement d’accord avec beaucoup de choses :

  • le piratage n’est pas la cause principale des difficultés des
    maisons de disque, mais leur propre incapacité à gérer et à innover
  • le piratage, en soi, n’est pas un crime, mais ce n’est pas pour ça que c’est “bien”
  • la lutte contre le piratage ne justifie en aucun cas les moyens
    (il)légaux mis en place par les gouvernements français ou suisse, dont
    les conséquences sont nettement plus graves que le piratage

Mais je pense que le piratage

  • n’est pas obligatoirement créateur de richesses au niveau global,
    les exemples que tu donnes ne m’ont pas convaincue. En fait je crois
    qu’on peut faire parler les chiffres dans tous les sens
  • s’inscrit dans une logique d’opacité de la distribution culturelle qui me semble gênante
  • est une des facettes d’un ensemble de comportements dommageables, et très directement
  • n’est pas acceptable parce qu’il est répandu

Je voudrais juste ajouter qu’on se concentre aujourd’hui sur le
piratage de la musique, qui n’est qu’une des facettes du piratage en
général.
Clairement parce que c’est le seul domaine où il y a une grosse
industrie capable de monter au créneau et de faire du lobbying pour
défendre ses intérêts.
Mais en tant que photographe et rédactrice, je souffre tous les jours
du piratage, ce qui a tendance à me rendre nettement moins indulgente
pour le reste. Chacun voit midi à sa porte…
@ Iwanami,


  1. je trouve particulièrement absurde de dire “si elle est riche elle
    n’a pas le droit de se plaindre de l’être moins”, dans un un état de
    droit il y a deux choses, la propriété et les impôts. Si on sort de ça,
    je pense que n’importe quel SDF pourrait venir te taxer de ce que tu
    possèdes, en te disant “tu n’as pas à te plaindre, tu es tellement plus
    riche que moi”. C’est le problème de sortir des “principes” pour
    traiter moins bien ceux qu’on envie, après se pose toujours la question
    de savoir où on met la barrière. A partir de quel niveau de revenu un
    musicien est il “trop riche” ?

  2. dans un système peer to peer, comment peux tu être sûr que tu ne
    mets pas tes fichiers à disposition de gens qui auraient parfaitement
    les moyens de se payer les CD ? Ou de gens qui vont ensuite les graver
    pour revendre les copies piratées ? Et donc, au sens premier du terme,
    commettre un délit (de contrefaçon). C’est bien de regarder toute la
    chaîne à laquelle on participe, avant de se déclarer innocent comme
    l’agneau qui vient de naitre.

  3. Les chiffres que tu donnes sont exactement la preuve de l’inutilité
    du piratage ou de ce que j’appelle le téléchargement compulsif. Tu as
    en stock plus de 300 heures d’écoute… très honnêtement, tu as tout
    écouté ? Tout apprécié ? Tout écouté au moins deux fois ? Ou tu “prends
    ce qui passe” et le redistribue ?
    Autant je peux arriver à comprendre qu’on télécharge ce qu’on aime
    vraiment, quand on ne peut pas se le payer, autant cette accumulation
    de musique, j’ai du mal …
    J’ai commencé ma CDthèque il y a plus de vingt ans, et j’ai un nombre
    assez impressionnant de titre, mais je ne t’arrive pas à la cheville,
    je dois avoir à peine 2.000 CD.
    Apprécies tu réellement ce que tu as ?

@Laurent, tout à fait d’accord, surtout avec ta phrase “laissons chaque artiste choisir ce qu’il veut faire de sa création”




Stephanie
June 9, 2009 at 18:34


Je vous invite à lire le Pirate Party suédois fera-t-il des émules en Suisse chez Lyonel Kaufmann. Peut-être! Une assemblée de constitution (est-ce le bon mot) du parti pirate Suisse
a été fixée au 12 juillet. Vous pouvez trouver pirates et autres
personnes intéressées ou intriguées sur IRC (freenode), canal
#piraten-schweiz.
Pour le moment la communication est pas mal en allemand, mais il y a
des romands impliqués et la volonté de franciser un peu tout ça.
A suivre, je ferai un article là-dessus… (j’ose pas vous dire quand,
bientôt j’espère, mais je préfère ne pas m’engager trop concrètement,
ça fait chenit quand je tiens pas!)




Laurent
June 9, 2009 at 18:41


@Iwanami
Marie-Aude a écrit presque tout ce que je voulais répondre. Je voudrais
juste ajouter que le seconde main permet de diminuer facilement par
deux le prix de la musique (et son coût écologique).
Je ne sais pas pour les autres pays, mais en Belgique, on a le droit de
copier les CD de la médiathèque : 1.6 euros par CD. Vérifie si la
législation de ton pays te permet de le faire.
Et puis même si tu ne peux pas copier, louer un CD par semaine (7 euros
par mois) te permet d’écouter varié, tout en prenant le temps
d’apprécier ce que tu écoutes. Puis quand un auteur te plaît, tu vas
acheter un CD en seconde main. C’est comme ça que j’ai vécu des années,
et je n’ai franchement pas l’impression d’avoir manqué quelque chose.
Magnatunes te permet également d’acheter la musique au prix de ton choix, et Jamembo te la donne gratos[1]
Moi je n’ai même pas 500 CD : une petite partie achetée en direct, et puis le reste moitié-moitié entre la médiathèque et le seconde main.
L’abus de quantité de musique nuit à la qualité de la musique; c’est pas moi qui le dit, ce sont les artistes indépendants :
http://www.feppia.org/site/
C’est un très joli contre-pied : d’après eux, la numérisation et la facilité de copie sur internet profite au majors, et à eux seuls … grosso-modo exactement le contraire de ce qui est prétendu en général.
[1] Je te conseille :
http://www.jamendo.com/en/album/441




Marie-Aude
June 9, 2009 at 19:58


@Laurent, intéressant ton lien.
C’est exactement, par d’autres voies, la conclusion à laquelle j’arrive aussi : la facilité de la copie tue la qualité.




Kassad
June 10, 2009 at 7:57


Je serais aussi bref que l’article est long : Bravo ! Vous avez mis
en forme (et quelle forme) nombre d’idées, voire d’intuitions que je
nourrissais en mon fors intérieur.
Ca fait toujours plaisir de savoir qu’on n’est pas seul, merci.




Iwanami
June 10, 2009 at 9:39


Marie-aude:


  1. Je ne suis absolument pas d’accord, la. C’est une question de
    respect et d’honneur. Je dois budgéter ma vie au centime près pour
    espérer arriver a la fin du mois. Elle ne sait pas quoi faire de son
    argent. Ca lui enlève le droit de se plaindre (elle le peut, mais en
    privé, avec des gens qui gagnent la même chose ou plus qu’elle). Elle
    est vraiment pas a 3 M$ près. D’ailleurs, si je parles avec un SDF, je
    vais en tout cas pas me plaindre de mon budget. J’en ai pas le droit
    (ni l’envie, d’ailleurs), par respect pour lui.
    Et l’histoire de la taxe est absolument hors contexte. Britney, elle a
    gagné son argent, j’ai rien a y redire, et je n’en veux pas. Il lui
    apparient, elle a le droit d’en faire ce qu’elle veut, elle a même le
    droit de payer des impôts. Mais en aucun cas elle n’a le droit de se
    plaindre de perdre 10% d’une partie de ses revenus (NB: et pas
    fortune), surtout a ce niveau-la.

  2. je bloques toujours mes upload a 0…

  3. Je ne pense pas que ce soit vraiment le sujet ici, mais soit. Et
    bien oui, j’ai tout écouté (a l’exception de ce que je viens
    d’acquérir, mais je suis en train). Oui, j’ai (presque) tout écouté au
    moins 2 fois. Oui, j’apprécie ma musique et non, je ne prends pas ce
    qui passe, et je ne le redistribue en tout cas pas.
    Il est vrai que les titres que j’écoutes régulièrement sont qu’une
    partie de ma biblio, mais en même temps, qui écoute tous les titres de
    tous ses cds? J’ai surtout pas mal de cds complets dont je garde tout,
    par principe. Si je ne devais garder que ce que j’écoute vraiment, je
    n’aurais que moins de la moitié de ma biblio. Mais ca ne m’empêche pas
    d’avoir tout écouté et apprécié. Petit exemple?
    La Zauberflöte de Mozart. L’Arie qui me plait le plus, c’est celle de
    la Reine de la Nuit (Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen). C’est la
    seule que j’écoute régulièrement. Cependant, j’ai toute la Flute, et ca
    ne m’empêche pas de l’écouter de temps en temps en entier. J’ai aussi
    beaucoup d’albums live que je garde par principe, mais que je n’écoute
    presque pas. Et encore une fois, ce n’est pas parce que je n’écoute pas
    tout tout le temps que je n’apprécie pas ce que j’ai.
    Au fait, si tu as vraiment 2000 cds, tu as bien plus que moi, mais je suppose que tu voulais dire titres?

Laurent:
Oui, on a une cdthèque qui coute une petite cotisation annuelle. Et
en suisse faire des « copies a usage personnel » est tout a fait
autorisé.
Cependant, celle-ci étant une partie de la Biblio Cantonale
Universitaire, je me vois mal trouver Metallica ou Wumpscut chez eux…
en ce qui concerne la qualité/quantité: je me refuse a voir ca comme
ca. J’étais musicien moi aussi, je sais donc apprécier ce qu’est de la
bonne musique. Et je n’ai pas besoin de passer 3 mois sur une chanson
pour pouvoir l’apprécier. D’ailleurs, je préfère presque écouter une
chanson dans une liste de lecture de 800 titres que 800 fois la même
chanson. Au moins, ca tourne un peu, et ca lasse pas. J’ai toute la vie
devant moi pour apprécier ma musique. Pareil pour la nourriture: j’aime
manger. Surtout des plats consistants, et je n’ai pas besoin (ni envie,
d’ailleurs…) de passer 3 heures a table. Et ce n’est pas pour ca que je
ne sais pas apprécier ce que je mange…
Bon, je vais pas entrer dans un débat sur les « artistes
indépendants », c’est stérile, ca va mener a rien si ce n’est du
trollisme de bas étage, et j’estime qu’on est un peu plus malins que ca…
Mais dire qu’internet ne profite pas aux « indépendants » m’étonne.
Regarde Kamini ou Lily Allen (pour ne citer qu’eux…). Sans internet,
ils feraient toujours partie du commun des mortels.




Marie-Aude
June 10, 2009 at 10:45


@Iwanami, ton argument sur Brtiney ne tient pas la route, et il est malhonnête intellectuellement.
D’abord parce que sur tes 6.000 titres et dès, ça m’étonnerait
beaucoup que TOUS soient chantés par des artistes qui gagnent aussi
bien leur vie qu’elle.
Ensuite tu oublies tout simplement que les droits d’un CD sont répartis entre :
- la chanteuse
- le/les paroliers
- le/les compositeurs
- les musiciens
- les choristes
- les arrangeurs
donc en tout, en moyenne, une cinquantaine d’ayant-droit par CD.
Si on peut considérer que les paroliers et les compositeurs qui
travaillent pour des artistes connus sont aussi des gens qui gagnent
bien leur vie, je peux te garantir que ce n’est plus le cas pour les
trois dernières catégories, et que ces gens là, même dans ta grille de
lecture “les gens riches peuvent être volés”, n’entrent pas dans la
catégorie “riche”. (je sais, j’en connais…)
Je m’étonne qu’un musicien ne pense pas à ça ?
Et j’aimerais bien savoir quel est le seuil de revenu au delà duquel
quelqu’un n’a pas le droit de se plaindre ? Juste un chiffre comme ça…




Laurent
June 10, 2009 at 10:55


Juste deux minuscules réflexions.
Le piratage ne touche pas que Britney : ça touche aussi toute son
équipe jusqu’à la vendeuse à la caisse de la FNAC. En piratant, on
passe outre tout le travail de toutes ces persones.
Encore une fois, on peut prétendre que le numérique permet de se
passer de la caissière (mais pas de l’ingénieur du son, de la manucure,
le tailleur qui a fait les vêtements, le chinois qui a assemblé
l’électronique du synthé, …).
Donc bon, oui, dans le tas des personnes spoliées par le piratage, il y
en a une (Brithey) que tu ne plains pas et une (la caissière) qu’on
peut qualifier d’inulile.
Et les autres ?

Bon, je vais pas entrer dans un débat sur les « artistes
indépendants », c’est stérile, ca va mener a rien si ce n’est du
trollisme de bas étage, et j’estime qu’on est un peu plus malins que ca…
Et pourquoi pas ne pas en parler ?
Tu n’est pas d’accord avec le liens que j’ai donné ? Tu trouves que leur texte est du “trollisme de bas étage” ?
PS : en Belgique, on a vraiment tout à la médiathèque, jusqu’à des jeux pour la Wii




Jean-no
June 10, 2009 at 11:14


@Laurent : les licences libres ne sont effectivement pas la négation du droit d’auteur mais le contraire.
La Sacem en revanche est non pas la négation du droit d’auteur mais un
système passablement opaque qui favorise les rentes de gros
ayant-droits (si je paie un forfait à la Sacem, sans playlist, pour une
soirée techno, ou pour un disque dur qui ne contiendra pas un bit de
mp3, Halliday et Sardou reçoivent du pognon) et interprète le droit à
son avantage en refusant quasi systématiquement le droit d’écoute
privée non payante (la musique qui passe à mon mariage par ex., n’est
pas une écoute privée gratuite selon la Sacem).
Sans aller jusqu’à dire que la Sacem détourne les droits d’auteur, le
système n’est pas très transparent et profite avant tout aux “gros”.
Il faut lire les paroles des hommes de presse du milieu du XIXe
(confrontés à la fin des souscriptions et à l’idée du paiement des
journaux au numéro), des cinéastes des années 1950 (qui avaient peur de
la tv), les musiciens du XIXe siècle, constamment effrayés (radio, tv,
microphone, microsillon, cassette, internet)… Il est arrivé de
nombreuses fois que les gens aient l’impression que leur modèle
économique s’effondrait. Parfois c’était fondé, parfois pas, mais
chaque fois que la production culturelle/artistique/médiatique
rencontrait un besoin du public, un modèle économique s’est dégagé.
Très souvent, les solutions intéressantes sont nées de producteurs
d’oeuvres qui se sont pris en mains pour devenir maîtres de leurs
outils de production et de diffusion : gagner la liberté artistique et
économique plutôt que de rester des prolétaires (même bien payés, comme
Johnny) de son domaine.
Je ne suis pas musicien, je n’ai pas de leçons à donner, mais je pense
que le moment est non pas une raison de s’inquiéter mais une chance
historique, pour les artistes, de réorganiser leur profession et de
reprendre le pouvoir donné aux majors.




Jean-no
June 10, 2009 at 11:16


(supplément) : l’occasion de se débarrasser des maisons de disques
(ou d’un certain rapport aux maisons de disques) est historique, et
justement, les majors le savent pertinemment, c’est la raison de la
tension qu’ils imposent sur le sujet à leurs écuries d’artistes ou aux
législateurs.




Marie-Aude
June 10, 2009 at 12:14


@Laurent décidément on est d’accord
@Jean-no, il est vrai que le système profite aux gros, mais il ne dépouille pas les petits
En fait pour l’exemple que tu donnes de ton mariage, si tu ne passais
pas de disques, tu prendrais un orchestre. C’est donc d’une certaine
façon une compensation. Mais il est tout à fait exact que la Sacem est
une grosse machine, très opaque, qui paye avec beaucoup de retard, etc.
Question : qu’est ce qui empêche la mise en avant par les artistes indépendants des autres sociétés d’auteurs, qui existent.
Il se trouve qu’un de mes arrière-grand-pères a été fondateur d’une
société d’auteur. C’était une défense forte à l’époque. Comme tu le
dis, le problème est peut être que les artistes ont trop laissé faire
le tandem majors + sacem
En ce qui concerne




Laurent
June 10, 2009 at 12:52


@Jean-no
Très bien, le système de Sacme ne profite qu’aux gros, est opaque et tout ça. Et alors ?
L’internet donne une chance de changer le modèle et la vie culturelle. Et alors ?
Il n’en reste pas moins que
1. Le modèle gagnant n’est pas encore trouvé
2. Si des artistes n’y croient pas, c’est leur droit
3. Le non-succès de Magnatunes et Jamembo leur donne encore plus le droit de ne pas y croire
4. http://www.feppia.org/site/ donne encore des arguments supplémentaires pour ne pas y croire
5. Au final, ils y croient si ils le veulent, et ils n’y croient pas si ils ne veulent pas.
6. Ils signent avec des majors, avec Magnatues ou ils mettent leur
musique sur leur site ou ils la publient sous CC, c’est leur choix
7. Qu’on respecte les choix de chacun. Je ne vois pas pourquoi il y a à sortir de là.
J’aime bien l’analogie avec les logiciels libres, parce que là au
moins il y a un modèle économique qui s’est dégagé; on y voit plus
clair. Que tirer comme enseignement ?
À titre personnel, je suis convaincu que
1. Windows et Mac c’est un modèle de développement obsolète qui se libéreront ou disparaîtront
2. La licence GPL est une notion de droits d’auteur fort, la
multiplication des licences libres et les trolls que ça engendre (lire
GLP Vs BSD par exemple) montre bien que les développeurs libres
tiennent à ce qu’on respecte leurs droits
3. Mandriva est passé plusieurs fois au bord de la faillite
4. Ubuntu est en pertes
5. Suze est grosso-moddo racheté par Microsoft
6. Firefox est une ASBL (et peut donc accepter des donc à conditions avantageuses)
Malgré le point 1, je ne me sens absolument aucun droit de pirater
Windows. Si Microsoft parie sur un cheval qui me semble perdu d’avance,
c’est leur problème … au contraire, je ne vais pas en faire la
promotion en l’utilisant. J’utilise des logiciels qui sont développés
sur un modèle que je crois durable. Quand on se croit être à un
tournant de l’histoire, il faut avoir le courage de positionner ses
pions dans l’avenir, même si ça a des inconvénients.
Les point 3,4,5 et 6 légitimisent parfaitement les personnes qui croient que faire des logiciels libre, ça ne fonctionne pas.
Pour en revenir à la musique, si on croit qu’on est à un tournant de
l’histoire, il faut avoir le courage de poser ses pions sur l’avenir :
on laisse tomber les productions faites sur le modèle 1.0, et on se
concentre sur ce que produit le modèle 2.0. À très court terme, ça a
l’inconvénient de devoir se contenter de moins de musique, mais
seulement à très court terme : le jour où le piratage baisse de moitié
tout en voyant exploser les ventes de Magnatues et Jamembo, les
artistes iront là-bas et les majors devront vraiment s’adapter.
En effet, le piratage ne concerne qu’une partie des revenus des
majors : il y a encore les cadeaux (qui offre comme cadeau un CD gravé
maison ?), les radions, la diffusion dans les cafés, à la TV, …
Tant que les artistes signent avec les majors, les majors ont les moyens de ga




Iwanami
June 10, 2009 at 13:44


@marie-aude:
quand on respecte son interlocuteur, peu importe le niveau de revenu.
je ne vais pas me plaindre de ma condition d’etudiant aupres d’un SDF,
parce qu’il galere encore plus que moi. j’estime donc logique que une
personne ne sachant plus quoi faire de son argent ne se plaigne pas.
par pur respect envers les autres.
imagines avoir un ami millionnaire, qui a 3 jets privés, 15 voitures de
collection et 10 villas a travers le monde. tu lui dirais quoi s’il
venait te dire “oh, c’est la galere, j’ai gagné que 5 millions, ce
mois-ci… je sais pas comment je vais faire pour survivre…” ?
a mon avis, tu l’enverrais sur les roses…
et effectivement, toutes les musiques que j’ai ne sont pas de personnes
ayant la notorieté de Britney, mais il se trouve que tous mes autres
artistes “mineurs” proviennent de cds, et pas du telechargement. j’ai
donc la conscience tranquille quant a ca.
@Laurent: je n’ai rien contre ton lien et ce n’est pas les artistes
qui sont des trolls, c’est nous qui allons le devenir si on commence la
dedans: j’ai horreur des artistes qui se qualifient d’indépendants.
pour moi, c’est la beauftitude moderne. le premier exemple qui me vient
a l’esprit, c’est un film sur un mec en phase terminale qui traverse le
desert, avec le chant des cigales en fond sonore, pendant 3 heures.
c’est peut-etre super feng-shui, mais je trouve que c’est le sommet de
la nullitude. mais bon, les gouts et les couleurs, on va pas en
discuter. je n’ai rien contre eux ou les gens qui aiment ca, mais
personellement, je deteste.




Jean-no
June 10, 2009 at 13:45


@Marie-Aude : le principe des droits pour la composition dit, ce
sont les textes, que s’il n’y a pas de perception directe ou indirecte
de droits d’entrée et que l’évènement est privé, alors il n’y a rien à
percevoir. Une kermesse scolaire, qui engrange de l’argent (boissons,
gâteaux des mamans, etc) est donc un moyen indirect de faire payer
l’écoute de musique : là, ok, la sacem est dans son droit.
Mais ils font des forfaits pour les mariages, qui sont privés et sans
accès payant direct ou indirect… Là, ça me semble scandaleux. D’autant
que les organisateurs ne fournissent pas une playlist mais s’acquittent
d’un forfait. Mon mariage a été mis en musique par Sir Neville Mariner
et par des artistes Motown et Atlantic, mais ce sont Johnny et Sardou
(ou équivalents de l’époque), que j’excècre, qui ont reçu de l’argent.
Cela me semble injustifiable.
Je pense que l’à-peu-près ne peut pas être à sens unique.




Surf
June 10, 2009 at 18:29


A lire également: le piratage




Laurent
June 10, 2009 at 20:23


Tant que les artistes signent avec les majors, les majors ont les moyens de gagner de l’argent.
Mais le jour où un artiste passe d’un major à Jamembo, alors là, le major perd vraiment tout.
Ce ne sont pas les pirates de Word qui ont poussé Microsoft a faire
une version de MS-Office financée par la pub (les pirates, c’est pas
grâve : on met des protections qui fonctionnent plus ou moins, et on
fait payer les entreprise … exactement comme les majors exploitent les
pirates en se foutant bien de leur gueule).
Ce qui a fait plier Microsoft, c’est OpenOffice et GoogleApps. Ces
deux-là, avec des parts de marché ridicules on réussi là où les
pirates, aussi nombreux qu’ils sont, n’ont rien obtenu.
À méditer…
Qui fait vraiment peur aux éditeurs de livres scolaires ? La
majorité de profs qui photocopient leurs livres, ou bien la petite
minorité qui utilise les manuels de Sésamath ?
http://manuel.sesamath.net/
Si nouvelle économie de la musique il y a, qui contribue à la faire
avancer ? Celui qui fait de la promotion 2.0[1] de magnatunes, ou bien
le pirate qui télécharge la musique des majors en disant qu’il ne
pourrait pas vivre sans avoir 6000 titres dans sa liste ? (ce qui fait
un CD toutes les deux semaines depuis 16 ans sans interruptions !) ?
Et lequel des deux fait en sorte que la transition se passe mal, à
coups de conflits, de procès, d’incompréhension et de façon opaque ?
[1]
http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/03/13/Des-transcrition-de-Bach-pour-aubois
http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/03/08/Des-quartets-de-Mozart




Marie-Aude
June 10, 2009 at 21:26


@Jean-no, en fait, sur le fond c’est un peu plus compliqué.
Je pense que si la mise en musique de ton mariage est totalement
gratuite (fête privé, pas de dj payé etc…) en pratique la sacem ne
touche rien. Mais qu’en fait l’idée de base était de compenser le
manque à gagner des musiciens auxquels on ne demandait pas de jouer.
Et les règles inverses s’appliquant aux USA avec les sociétés d’auteurs
US, ce sont en compensation les artistes Motown et autres qui ont
touché des sous pour le mariage d’une de mes amies, qui était venue
avec tous ses CD
Cela dit, malgré ce qu’on peut croire, je n’approuve pas la
gloutonnerie de la sacem. Simplement, le fait de désapprouver
n’entraîne pas – en tout cas pour moi – la “résistance civile” avec le
piratage.
@Iwanami,
tu ne m’as pas répondu sur les petits artistes qui touchent aussi de l’argent avec les CD de Britney Spears ?
Quant à ton exemple de milliardaire
bah ça m’est déjà arrivé, pas dans les mêmes proportions, mais que
quelqu’un se foute du monde ne m’a jamais donné l’autorisation de
contrevenir à ses droits.
D’agir pour que le droit change, peut être, mais ça c’est autre chose.
Et puis ça va peut être te surprendre, mais gagner beaucoup moins
d’argent, quand on en a gagné beaucoup, c’est dur. Ce n’est pas une
situation que je te souhaite jamais, mais si un jour tu t’y trouves, tu
découvriras ce qu’on appelle “l’effet cliquet”.




Stéphane
June 10, 2009 at 23:53


Ah les photocopies…
Je me rappelle qu’on payait 10cts la photocopie, il fallait tourner les
pages du bouquin, veillez à ce que la bibliothécaire ne traîne pas trop
prêt, etc… Lorsque j’étais gymnasien (lycéen), je faisais un petit job
de porter des express à travers mon village, alors j’achetais de temps
à autre un “que sais-je?” ou un truc du style pour mieux comprendre un
bouquin.
Mais je détenais l’une des clés de photocopieuse, une copie qu’un prof
avait maladroitement oublié, et qui se passait d’année en année.
L’investissement pour en faire une copie devait correspondre au prix
d’un bouquin. Je n’allais pas piailler vers mes parents pour avoir 10
balles pour faire cette copie non plus.
Aujourd’hui, si je prends l’exemple de la photocopieuse, c’est de
laisser la clé à proximité, que celui qui sait où elle est, sait
également où est la meilleure copie afin d’en refaire un tirage.
SAUF à un détail prêt, c’est qui paye l’encre et le papier???
Le secrétariat du gymnase (lycée) aurait vite fait de se rendre compte
qu’il n’y avait plus de monnaie au fond de la caisse. Hors aujourd’hui
qui ramasse une bonne partie de l’argent d’internet… ce sont les
fournisseurs d’accès! et qui les paye? c’est bien souvent les parents
dans un forfait intégrant le câble tv, une ligne fixe, et que sais-je
encore… Bon ok… ni l’argent qui va aux FAI, ni celui qui tombe dans la
caisse de la photocopieuse n’aide à payer les auteurs/artistes, etc…
Bref, je rejoins Laurent pour que chaque auteurs soit libre de choisir
son mode de diffusion, ensuite contractuellement c’est peut-être
difficile de bouger, mais il a fait un choix.
Pour moi le pirate, ce n’est pas celui qui est tenté un jour où l’autre
de faire un petit délit, mais c’est celui qui le fait par métier. Bref,
pomper quelques mp3, la casse n’est pas trop grande et toutes les
grandes enseignes savent très bien qu’il y a un pourcentage de perte
dues au vol qui n’est pas un chiffre caché derrière une virgule… celui
qui génère le mp3 à partir d’un CD et qui le diffuse, ou prendre les
cartons à l’arrière du magasin pour les écouler sur un marché parallèle
c’est nettement plus grave.
Bref, créer un parti des Pirates, pourquoi pas, et Stephanie je
t’encourage à passer du côté des décideurs ou tout au moins de tenter
ce processus démocratique. Je n’en reste pas moins perplexe que c’est
un effet de mode, comme on a vu des “partis des automobilistes” (chaque
automobiliste est un peu pirate, non? et si on avait laisser totalement
agir, ben le baril serait déjà à 500$ tant les sources seraient déjà
sèches)
Par contre, je rejoins nettement les considérations du préposé à la
protection des données et à la levée de bouclier qui doit se faire
contre les agissements qui sont certainement illégaux de la société
Logistep. C’est une tâche de la police. Maintenant si il développe des
solutions comme les marchands d’armes fournissent des armes aux corps
de police, ok. D’ailleurs je ne crois pas une seconde que notre
justice, notre police soit si naïve de croire que seule la trace IP
soit un élément décisif d’intervenir. C’est un peu comme si sur la
scène d’un crime on prélevait toutes les empreintes digitales et on
arrête tout le monde, ce n’est pas un bon moyen d’investigation.




maikol
June 11, 2009 at 5:21


Bonsoir à tous,
Un bel article et beaucoup de commentaires intéressants!
Néanmoins, je crois qu’à part Laurent, vous oubliez ou négligez tous
la première moitié du problème, celle pour laquelle, comme l’a dit
Laurent, le modèle n’a pas encore été trouvé.
Une maison de disque n’est pas principalement un éditeur (certaines
le sont aussi), c’est d’abord un producteur de phonogrammes. Un
phonogramme, c’est une fixation d’une séquence sonore, un
enregistrement.
Art L.213.1 du code de la propriété intellectuelle :
“Le producteur de phonogrammes est la personne, physique ou morale, qui
à l’initiative et la responsabilité de la première fixation d’une
séquence de son.
L’autorisation du producteur de phonogrammes est requise avant toute
reproduction, mise à la disposition du public par la vente, l’échange
ou le louage, ou communication au public de son phonogramme autres que
celles mentionnées à l’article L.214.1
Tout enregistrement d’une prestation d’un artiste interprète doit au
préalable faire l’objet d’un contrat écrit par lequel l’artiste
autorise le producteur à fixer ( enregistrer), reproduire et
communiquer au public sa prestation. “
Ce producteur prend donc à sa charge les frais nécessaires à la fixation en question:
-studios de répétitions, locations d’instruments
-studios d’enregistrement/mixage
-studio de mastering
-salaires des intervenants techniques/artistiques (ingénieurs du son, assistants, arrangeurs,…)
-cachets des musiciens
-hôtels
-nourriture, boissons, dopants ( ),…
Notez que je n’ai pas parlé de pressage/impression graphique de CDs.
Ben oui, ce n’est pas parce qu’on diffuse via internet que l’on peut se
passer de la phase de production de l’album! On évite certes les frais
de pressage, mais pas le reste!
Et non, non, et encore non, on ne fait pas un album avec quelques milliers d’euros.
Je suis ingénieur du son, et je possède mon propre studio de mixage.
C’est un studio de taille raisonnable (pas de grand hall avec un énorme
piano à queue, pas de déco top classe et de canapé coûtant 2 twingos),
dans lequel les investissements sont bien moindres que les “gros ”
studios parisiens (enfin ceux qui restent!).
Malgré tout, nous approchons les 200 000€ d’investissements en
matériel, sans parler des travaux pour aménager le local. En gros,
3000€ de charges fixes par mois, sans parler de salaires…
On peut faire un tas de choses avec un ordinateur récent, quelques logiciels (piratés?
), trois micros pas chers et une carte son, mais on ne peut pas
enregistrer une batterie rock dans son 2 pièces en centre ville sans
entrer en guerre avec tout le quartier, ni un ensemble de cordes de 25
musiciens, ni un quartet de jazz avec piano, et encore moins mixer dans
des conditions d’écoute suffisamment contrôlées (système d’écoute
calibré dans une pièce “neutre” acoustiquement) pour ne pas faire
n’importe quoi, etc etc etc.
Je propose de vous donner un exemple:
Prenons un groupe de pop-rock, voulant enregistrer son album.
Formule assez classique: batterie, basse électrique, deux guitares,
chant et choeurs. Musique assez énergique, et quelques ballades sur
lesquelles sont envisagés des arrangements de quatuor à cordes.
Les temps étant durs, il ne sera pas question de payer de répétitions
ni de pré-production (où l’on prépare, enregistre sommairement, et
arrange tout pour être le plus efficace possible lors du “vrai”
enregistrement).
Le groupe a assez répété et tourné sur scène pour se sentir prêt à attaquer directement le studio.
Donc, le studio d’enregistrement. De préférence avec une assez
grande cabine de prise de son (pour avoir de l’espace autour de la
batterie) ainsi que de plus petites cabines isolées phoniquement de la
grande (pour pouvoir enregistrer simultanément plusieurs musiciens en
isolant les instruments pour la prise de son), suffisamment de bons
microphones, préamplis, console, bref du matériel de qualité et
entretenu.
Tarif : de 600€ à 2000€ HT par jour, avec assistant mais sans ingénieur du son.
Salaire de l’ingénieur : de 150€ à ???€ net, soit au moins 300€ de coût global par jour.
Généralement, en pop-rock, on essaie d’enregistrer basse et batterie
en même temps (guitares et voix jouent en témoin, car rares sont les
groupes dont le niveau technique est suffisant pour tout faire ensemble
sans trop d’erreurs), puis ont fait les guitares, arrangements divers,
et enfin les voix.
En moyenne, on passera un à deux jours de prise de son par titre
(cela dépendra surtout du niveau technique des musiciens). Donc de 14
jours à 20 jours au moins pour 14 titres!
Budget prise de son : au moins 13000€ juste pour le studio et l’ingé son…
Ajoutez à cela: les cachets pour le quatuor à cordes et l’arrangeur
(allez, 2000€ la journée de coût global?), d’éventuelles locations
d’instruments ou amplis-de-la-mort-à-lampes, de quoi nourrir tout ce
monde pendant 15 jours (7 personnes minimum à 20€ par jour, soit au bas
mot 2000€), éventuellement l’hôtel,…
Et si il faut en plus des cachets pour les musiciens du groupe, alors là…5×200x15=15000€!!!
Bref, rien que pour la prise de son, on va osciller entre 15000€ et
plus du double, en restant très raisonnable (studio pas cher, ingé son
pas cher,…)
Ensuite il faut mixer! Je prend mon tarif en exemple, le studio plus
mon travail= 600€ HT par jour (soit très raisonnable vu le matériel!).
On table sur un jour de mix par titre en moyenne, si on peut…allez,
disons 10 jours pour les 14 titres, soit 6000€ HT, plus encore une fois
la nourriture pour les présents, l’hôtel si besoin,…assez vite on tend
vers 8-10000€ minimum…
Mastering: environ 1500€ HT pour tout l’album
Budget global, juste pour obtenir le master : difficile de faire
moins de 25000€ HT en tirant au plus serré partout…et sans salaire pour
les musiciens du groupe, qui auront donc travaillé pratiquement un mois
sans salaire!
Et je n’ai pas parlé de com’, graphisme, site web du groupe, etc.
D’où questions :
-Qui avance une telle somme (une année de salaire moyen, tout de même)
si l’on n’a plus rien à vendre (feu le CD) pour espérer récupérer (au
moins) sa mise?
Sachant que si toute la part producteur (40% au mieux) du prix de
gros HT (8.5€) d’un CD, disons 3.5€, servait à couvrir cette dépense,
il aurait fallu vendre plus de 7000 CD pour s’y retrouver.
Ce que j’essaie de dire, c’est que ce n’est pas le droit d’auteur
qui finançait la production discographique (donc le fait de pouvoir
enregistrer décemment un album), mais bien la vente du produit (33
tours, cassette, CD,…).
Tout ce débat sur la licence globale concerne le droit d’auteur,
alors même que la part de droit d’auteur et de compositeur dans le prix
d’un CD est ridicule!
L’essentiel des droits d’auteur et de compositeurs vient de l’exploitation des oeuvres, pas de la vente des CDs!
La véritable manne des droits d’auteurs, ce sont les chaines de radio nationales et de télé qui la fournissent!
Pour internet, je crois qu’il faut cesser de le voir comme un stock
de fichiers à importer sur son ordinateur, mais bien comme un
gigantesque diffuseur de contenus à la demande.
A partir du moment où le débit de connexion devient suffisant en
toutes circonstances (y compris en mobile) pour pouvoir toujours
écouter en streaming avec une qualité suffisante, il n’est plus
nécessaire de télécharger des fichiers et de les stocker sur un disque
dur. Le P2P lui même devient totalement obsolète, et l’on finit avec
une sorte de radio à la demande, avec des serveurs énormes diffusant
exclusivement en streaming.
Le seul frein technologique pour l’instant est le manque de débit en web mobile.
Sur ce modèle là, le principe est le même que pour tout diffuseur
qui exploite une oeuvre commercialement: il doit verser des droits
d’auteurs/compositeurs à hauteur de la largeur de sa diffusion (une
radio nationale paie plus cher qu’une radio locale par exemple). Sauf
que pour l’instant, sur le net, il décide lui même de combien il
reverse!!!
Etant donné que ce modèle n’est pour l’instant pas viable en gratuit
(regardez LastFM qui devient payant…), alors même que les droits
reversés sont ridiculissimement faibles (0.0005$ par écoute, soit 1$
pour 2000 écoutes!!!), nous finirons certainement avec des sites à
abonnement mensuel, ou l’équivalent intégré dans l’abonnement au FAI.
Autrement dit, l’équivalent de la licence globale!
Sauf que si ces sites peuvent décider eux même de ce qu’ils
reversent aux créateurs, ces derniers resteront de la chair à canon
pour vendeur de cerveaux disponibles…
SAUF, SAUF, SAUF, que tout ceci n’aura toujours pas réglé le problème fondamental du coût de production d’un album…
Pourquoi ne ferions nous pas comme pour le cinéma?
En France, les chaines de télévisions privées, pour conserver leur
droit d’émettre, sont tenues chaque année d’abonder à la création
cinématographique en co-produisant des films.
Cela représente une part importante des budgets des long métrages en
France, et, avec le CNC, Canal+ et TF1 sont les plus gros financeurs du
cinéma français (y compris de films d’auteurs et obscurs). Et ils n’ont
pas le choix!
Pourquoi ne pas exiger des chaines de radio privées (NRJ, Fun,
Sky,…) , qui nous déversent de la merde sur la tête à longueur de
journée, et pourquoi pas des sites diffuseurs de musique en ligne, de
reverser une partie de leur chiffre d’affaire à des fonds pour soutenir
la création phonographique?
Bon, je me rends compte que j’ai été très très long!!! Désolé!
Aaah! Il est horriblement tard!!! Satané net!




Marie-Aude
June 11, 2009 at 10:17


@maikol, c’est un peu ce que j’ai détaillé sur mon site, mais je ne
voulais pas charger les commentaires de Stéphanie avec plus de 5.000
mots
Ton commentaire “les temps étant durs il n’est pas question de payer
de répétition” est aussi intéressant, car cela conforte cet espèce de
sentiment global que j’ai sur “la baisse de la qualité”.
Ton idée de support à la création est aussi intéressante, mais
1. la commission d’attribution des aides a quand même une action de “formatage” sur ce qui est fait.
2. c’est beaucoup plus facile de demander à des chaines diffusées en
France de financer des films français. Pour mettre en place un système
de ce genre, il faudrait des accords entre toutes les sociétés de
droits…




Cédric
June 11, 2009 at 11:38


Bonjour
Article ô combien intéressant dans le fond, mais qui occulte
littéralement tout un pan de la création artistique… qui ne se résume
malheureusement pas à la musique.
Je suis auteur photographe. Quand l’une de mes photographies
(pourtant diffusées en petit format et désormais munies de filigranes)
m’est volée et est rediffusée sur le web, c’est un potentiel de vente
qui est perdu. 99% de mes revenus photographiques viennent des droits
d’auteur (je précise au passage que la vente d’oeuvres d’art
photographique est elle, par contre, un mythe pour un très grand nombre
de photographes auteurs travaillant dans l’illustration !!!)
Quand ces droits sont bafoués, qu’une photographie est utilisée à
des fins commerciales et/ou en diffusion publique (c.à.d laissée en
patûre à autant d’autres “emprunteurs” en puissance), je perds de
l’argent. En photographie, le schéma du libre n’est pas applicable.
On me rétorque souvent que dans l’industrie du logiciel, le libre
permet de générer autant de richesses. Mais ces richesses sont issues
des services gravitant autour de biens immatériels qui sont des outils
générateurs de valeur ajoutée.
En photographie, il n’y a pas de service autour d’une photo (en tout
cas pouvant rémunérer son auteur !) Quand on travaille comme moi dans
l’illustration, on autofinance la prise de vue sur des sujets
“vendables”. La SEULE source de revenu possible est la cession de
droits d’auteur (je ne parle même pas du respect du nom de l’artiste,
qui est une véritable plaisanterie à l’heure actuelle…)
Utiliser une photo et faire son business avec sans rémunérer l’auteur, c’est lui prendre son unique rémunération…
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Fleur

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MessageSujet: Re: Manquer de respect aux droits d’auteur   Sam 24 Avr 2010 - 20:19

e sais pas si il en a déjà été question sur ce blog, mais parfois, y en a qui ne se laissent pas faire : the pirate bay: les hackers ripostent




pinard
July 14, 2009 at 12:07


Pirater n’est pas voler , ça me fait penser à Bill Clinton avec Monika…s…..n’est pas trompé
ben voyons, pourquoi tant de problème avec votre conscience
Au moins, un jeune délinquant assume, ici non surtout pas nous ne faisons rien de mal
je vous rassure, il n’y a pas mort d’homme, juste une remise en cause à
cause de la technologie d’un droits de l’homme, celui du droit d’auteur
mais pas seulement
Alors sur les mythes, comment expliquer la chute de 60 % du marché du
disque suite à l’arrivé de l’ADSL non compensé par le téléchargement
légal ,il n’y a bien sur pas de cause a effet c’est sur alors qu’on a
jamais écouter de musique, les gens se la procure comment ?
Vos études de grands économistes sont parfaites, probabement les mêmes
qui vantaient l’Islande et son modèle bancaire il y a 1 and et demi
encore
Des concerts en plus, à bon , où ça je suis curieux
Stéphanie faites nous la liste des lieux ne serait ce quand Suisse
avec le nom des artistes qui s’y produisent (je parle pas des bars où l’artiste est payé à la bière )
c’est drôle nous n’avons pas la même vision sur ce point, peut être parce que je suis producteur de spectacle et pas vous
Internet à fait découvrir des groupes et un formidables outil de promo,
chouette vu le nombre de groupe sur myspsace, mais ça devrait être
l’explosion de nouveaux talents, il y en a bcp moins qui font une
carrière que dans les années 80 zut
Alors ils sont où ces fameux groupes, je ne les vois pas, je suis peut être ringard mais là non vraiment je vois pas
Pour conclure parce que ça fait 5 ans que je rabâche la même histoire,
nous ne produisons pas des disques mais des enregistrements originaux
qui sont ensuite dupliqués suivant l’époque sur des 78 tours, Vynils,
CD, DAT puis maintenant MP3, plus écolo mais de moins bonnes qualités
j’en conviens
Vous avez toujours achetez la copie d’un master donc oui quand vous
téléchargez illégalement, vous lésez toutes une chaines d’ayants droits
et pas uniquement le droit d’auteur
Et posez vous la question de ce que vous achetiez derrière un CD , un
bout de plastique ou une chanson donc de l’émotion et une émotion est
immatérielle , vous qui êtes dans le dématérialisé, cette notion
devrait vous parler je crois
Et surtout, arrêtez avec vos mythes, produisez ne serait ce qu’un
enregistrement , un concert et vous serez peut être de quoi on parle
mais de grâce, arrêtez d’expliquer à des gens comme moi mon métier car
c’est un métier ne vous en déplaise
Je suis surpris d’ailleurs de constater que tout le monde se fichait de
savoir comment ça marchait il y a 10 ans, sur les modes de
rémunérations des artistes et très surpris de voir le nombre de cet
objet affreux nommé CD vendu à la mort de Jackson en 2009.
Voilà, que dire de plus, ne soyez pas de mauvaise fois, la culture vous
en fichez, de savoir comment va vivre un artiste aussi ayez au moins
cette honnêteté intellectuelle
Ah j’oubliais, pirate bay a été vendu 8 millions de francs suisse, gratuité vous avez dit
François pinard, producteur de Jeremie Kisling, éditeur de Marc
Aymond, artistes Suisse, manager d Hubert Félix Thiefaine, kassav’…




Pierre-Yves
July 14, 2009 at 16:09


Cher monsieur,
comment expliquez-vous le prix d’un fichier sur iTunes/Amazon MP3 et
consorts alors que la chaîne de fabrication est réduite à sa portion
congrue? D’accord, il faut enregistrer l’artiste dans des studios
professionnels, mais quid de la partie liée à la fabrication du support
qui, il me semble, représente une partie non négligeable du prix, sans
parler des commissions des divers intermédiaires.
Comment expliquez-vous la bonne santé de certains producteurs (du
type AEG Live) qui parviennent à dégager des bénéfices quand d’autres
restent arc-boutés sur un modèle économique qui semble dépassé au vu de
la situation actuelle et se retrouvent avec des finances désastreuses?
Je ne suis ni pro ni anti piratage, je cherche juste des clefs pour ma compréhension.




neodym
July 14, 2009 at 18:58


Fabuleux débat! Mais…
Dans tout les cas, c’est le consommateur qui aura le dernier mot,
vol ou pas vol. Il a été drogué à la facilité. Télécharger un MP3,
c’est si simple. Tant qu’on lui proposera pas un moyen plus simple, le
piratage restera une grande activité de l’internaute. Cela ne changera
pas beaucoup avec des lois, des restrictions, des punitions, ou je ne
sais. Pire, aller à l’encontre du mouvement pourrait produire
exactement l’effet contraire que celui voulu, non? C’est aux
principales victimes du piratage d’inventer rapidement une solution
plus simple et plus alléchante aux consommateurs pour survivre (que ce
soit pour la vidéo, la musique, ou tous autres domaines…).
N, consommateur “moyen”, qui ne se remet jamais en question…




pinard
July 14, 2009 at 19:48


à Pierre Yves
1/Le prix d’un fichier sur I tunes est celui d’un CD moins la
fabrication physique et la distribution physique soit en gros 35% de
moins que le support physique. Vous payez toujours des les droits
d’auteurs, la royautés artiste, le coût de production de
l’enregistrement, etc etc qui peuvent monter dans le cas du dernièr
album de J Kisling à 200 000 CHF et nous ne parlons pas de faire des
clips !
J’ajoute que Itunes ou Amazon prend une commission comme distributeur,
pourquoi sont ils là, parce que contrairement aux affirmations de pro
téléchargements, les gens ne vont pas sur les sites d’artistes acheter
directement les fichiers mais sur un gros “centre commercial” ou un
gros site de P2P
La bonne santé du Live est relative, Live nation numéro un de la
filière n’est pas bénéficiaire, AEG je ne pourrais vous dire mais je ne
crois que ce soit l’euphorie
oui le prix des places à augmenté pour les trés gros spectacles, pas
pour les artistes moyens et si on regarde qui remplit les stades (U2,
AC/DC/Rolling Stones/Madonna, Springsteen…), ça fleur la nouveauté non
c’est grosse sociétés exploitent une notoriété et une carrière qui vient d’un modèle ancien j’en conviens mais quid de la suite
le vrai problème vient de la société dans laquelle nous vivons,
complètement matérialiste, incapable d’avoir une notion de l’immatériel
donc de la propriété intellectuelle entre autre.
On peut payer pour aller sur Meetic pour faire une rencontre parce que
c’est un service mais pour avoir une chanson, un film, une photo donc
une émotion du moment qu’on ne l’a pas dans les mains.On a du mal à se
projeter
Finalement, on nous traite de ringards mais ça fait longtemps que nous savons dans nos métiers ce que c’est l’immatériel
Par ailleurs, je reviens sur l’exemple de Jakson qui est flagrant, on
va acheter le CD pour avoir qq en souvenir, un coté fétichiste, comme
si la chanson et les images qui vont avec ne suffisent pas
En dehors de l’aspect financier, c’est un triste constat de voir l’évolution de la société à ce niveau non?




pinard
July 14, 2009 at 21:25


désolé, je ne me relis pas et fais plusieurs choses en même temps donc mes excuses pour la qualité de mon écriture …




Pierre-Yves
July 14, 2009 at 21:28


Merci pour les informations.
En cherchant la petite bête, à combien se montent les diverses
commissions prises par tous les intervenants dans la chaîne? Et quel
pourcentage du prix final représente le marketing promotionnel?
Concernant les live, Live Nation en effet ne roule pas sur l’or. Et
clairement, il n’y a que les “blockbuster” qui font des tournées.
Mais ne serait-ce pas une piste à explorer plus profondément? Comme sur
les plages françaises avec une célèbre marque d’anisette, proposer une
offre de concerts live plus importante et permettant de découvrir
d’autres artistes? Et ainsi créer un appel d’air pour les produits
dérivés.
Et cette évolution de la société, n’a-t-elle pas été provoquée par
certains, des deux côtés de la barrière, qui ont abusé du système?
Certaines sociétés de production qui ont fourni des produits avec une
valeur ajoutée réduite et à des prix importants. Et de l’autre côté des
personnes peu scrupuleuses ayant court-circuité le modèle établi.




goeland60
July 14, 2009 at 21:42


Très bien vu. A faire lire autour de soi.
Les maisons de disques sont à l’agonie de toute façon. Elles n’auront eu que ce qu’elles méritaient.




Die's Man
July 15, 2009 at 0:03


Fasciné par le trollage
sans précédent auquel s’est adonné M. Pinard quelques commentaires plus
haut (je devais m’en rendre compte par moi-même, croire sur parole,
c’est prendre beaucoup de risques), je vais m’essayer à démêler un peu
de ce fatras de raccourcis et d’amalgames tellement dense par moments
qu’il confine au lavage de cerveau.

Un matraquage de « faits » acides et aucunement étayés qui fait
assurément honneur aux autres producteurs, maisons de disques et autres
associations de défense des artistes.

Non, effectivement, mis à part essayer de préciser la différence entre
le vol et le piratage, Stephanie ne fait rien de mal. Contrairement au
pourcentage de délinquant qui s’assumera suffisamment pour récidiver.

Fort heureusement, il n’y a effectivement pas mort d’homme non plus.
C’eut été dommage, car le dédommagement pour la perte d’une vie (cas air france) est trois fois moins important que pour un fichier MP3 illégal aux USA.

Faut-il d’autres exemples vides de sens ?

Ce qui meurt, sur internet, mis à part le matériel qui le fait
fonctionner, ce sont surtout des sites et des connexions. Parfois une
industrie ici ou là.

Internet, la technologie, sont ici blâmés tout comme n’importe quelle
autre avancée permettant de s’affranchir de main d’oeuvre,
d’intermédiaires, de frais…

Oui, M. Pinard, vous êtes probablement entrain de perdre votre
gagne-pain. Je comprends que cela ne vous fasse pas plaisir, et vous
avez toute ma sympathie, moi qui vient tout juste d’en retrouver un.
Les temps sont durs, les médias nous le font bien savoir. Nous sommes,
à quelques exceptions près, tous partie intégrante d’une société basée
sur le capitalisme, dont nous faisons le jeu d’une façon ou d’une
autre. J’ai peur, à vos remarques, que vous n’acceptiez ses règles que
quand elles sont à votre avantage.

Je n’ai jamais entendu la Poste se morfondre et larmoyer à l’encontre
des innombrables fournisseurs de messagerie électronique gratuite.
Certes, ils ont de nombreuses fois cité l’impact que cette évolution
pouvait avoir, mais ils n’ont pas disséminé des aberrations exécrables
tout en essayant de manipuler au maximum l’appareil judiciaire.

Pourtant, savez-vous ce que l’on fait avec une messagerie électronique
? On envoie un contenu potentiellement identique à celui d’une lettre
papier, au détail près que sa conception est simplifiée, facilitée,
plus rapide, et que l’envoi à un ou 4′538 utilisateurs restera gratuit.
Le nombre a été pris au hasard. Ah, et j’oubliais. La transmission est
quasi-instantanée.

Tout parallèle avec d’autres évolutions informatiques pourrait ne pas être fortuit.

On peut bien parler d’une chute de 60% sans siter aucune source, tout
comme Oskar Freysinger tire ses « statistiques » du journal « Le
Matin », mais ca ne reste que du divertissement. On peut l’imputer à l’ADSL
(en faisant sourire tout geek qui comprend l’énormité de ce raccourci)
et parler de non-compensation dans de longues phrases à la limite du
compréhensible.

On peut parler d’économie et de manque à gagner sur les ventes de CD et demander des listes infaisables pour dévier sur la forme et éviter le fond. Ou encore, laisser spontanément les artistes faire des maths.

On peut commencer à se questionner, maintenant que nous avons un choix
qui n’existait pas 10 ans auparavant, tout comme on peut profiter
d’engranger un maximum d’argent en surfant sur la carrière d’un défunt
qui se termine en queue de poisson.

Par contre, confondre et mélanger les Droits de l’Homme, qui visent à garantir la liberté et l’intégrité de celui-ci, et le droit d’auteur,
qui est un concept octroyant le monopole de l’exploitation d’une oeuvre
à son auteur, vous ne trouvez pas que c’est un poil excessif ?

Même venant d’un producteur, espèce qui s’adonne volontiers au rachat
de droits desdits auteurs, à un prix au premier abord intéressant, afin
de vivre de leurs oeuvres, j’entends…

Dans une dernière petite pique, je m’abstiendrai donc de moi-même vous
apprendre votre métier que vous maitrisez, dont la précarité semble
vous avoir toutefois mis bien sur les dents, et qui vous oblige, au
grand désespoir d’une majorité d’internautes, à vous battre contre des
moulins à vent..

Les artistes, qui commencent à le comprendre, prennent d’eux même leurs distances alors que le reste de la chaine de production incontournable d’un album, qui se sait indispensable, est très silencieuse.

Quant à « The Pirate Bay, » qu’ils fassent don ou pas des éventuels
gains de leur vente pas encore finalisée à une fondation de promotion
du téléchargement libre, soyez rassuré. Eux qui disent se battre pour
des idées, en mettent en application. Alors que l’ancienne
infrastructure n’est pas (encore) morte, voici déjà la suivante, qu’ils
vont rendre bien plus inattaquable, en mettant à profit les enseignements du passé.




pinard
July 15, 2009 at 8:23


A dies man
1/Le droit d’auteur est un droit de l’homme désolén renseignez vous
2/ne vous faites pas de soucis pour moi et pour mon gagne pain, ce
n’est pas le sujet du débat et je suis plein de ressources (pas
financières, permettez moi d’être juste passionné
3/C’est triste de la part de qq comme vous de ne pas parler à un
aucunmoment de musique d’émotion, ça semble un peu vous échapper mais
je crois que c’est le débat
4/Oui je sais que nous sommes dans une société capitaliste mais dois je pour autant accepter vos arguments ultra libéraux …
5/les chiffres de 60% ne sont pas inventés, ils viennent du SNEP, certes à vous lire ça doit être manipulé
6/Je ne blâme la technologie ni internet, je dis que c’est parce que la
technologie permet de copier que pour autant il n’y doit pas y avoir de
régles et arrêter de croire qu’on ne veut pas évoluer
7/Votre réfléxion sur le fait de me faire passer pour juste un
financier qui rachète les droits de pauvres artistes est juste
insultante de bêtise, c’est franchement méconnaître ce métier, ces
implications y compris artistiques , terme que vous ne semblez pas
connaître non plus
8/Soyons clair, au lieu de parler de trollage, d’argument vides de sens
, avez vous bien lu ce que j’ai écrit et qui est argumenté
contrairement à ce que vous m’écrivez , je ne suis pas pour la survie
du CD, je me réjouis même de sa mort, si vous m’avez bien lu, c’est pas
écolo, les coûts énergétiques de la distribution sont élevés
9/Oui un nouveau modèle économique doit ressortir à moins qu’ua nom du
capitalisme sauvage, l’artiste doit revenir un saltimbanque
Cous êtes curieux, vous parlez d’accepter les règles du capitalisme et
ensuite vous vomissez les producteurs ou maisons de disques avides
d’argent, je ne vous suis pas
Alter mondialiste ou Ultra libéral
10/conclusion, même si vous n’êtes pas d’accord , Stéphanie fait “qq
chose de” mal ” en piratant car elle ne rémunère pas un certains
nombres d’ayant droit qui était rémunéré sur un support physique pour
un travail bien réel que vous méprisez visiblement et pas seulement les
ayants droits mais mais en péril les studios, les ingénieurs du son,
les musiciens , assistants, attaché de presse et j’en passe
Conclusion ce qui me sidère dans ce que vous appelez le lavage de
cerveau, c’est que vous n’arriviez pas à comprendre que je ne défends
en aucun cas le CD, que je ne produis pas des CD et que vous restez
attaché au support hors moi je reste attaché à une chanson, ou à un
film, un article
Allez un petit effort pour vous projeter dans le monde immatériel, vous devriez y arrivez
Nb votre // avec la poste est parfait, la poste envoyait un contenu
sur une lettre , ce même contenu est envoyé aujourd’hui par email, ce
dont je me réjouis écologiquement parlant, parfois je trouve que
l’email n’a pas le même romantisme. Par analogie, la Fnac ou Média mart
était la poste (distributeur), La lettre le support (CD) et le contenu
de la lettre ben la chanson alors qu’est ce qu’il change avec
Internet.Vous écoutez toujours de la musique.Pourquoi était elle
rémunérée hier et pas aujourd’hui ?
Ah, apprenez à être cynique, ça aussi c’est un art
François Pinard




pinard
July 15, 2009 at 8:40


@ Pierre Yves
je vais vous ressortir précisément les chiffres des commissions de I tunes
pour le marketing variable suivant les artistes, proches du néant sur Jérémie Kilsing parce que nous n’avons pas les moyens
Pour la tournée dont vous parlez , je la connais parfaitement pour l’avoir fait 3 fois par le passé
Je ne crois pas que le concert soit le seul avenir parce que vous ne
pouvez pas tourner tout le temps, vous lassé les gens à un moment je
pense et ensuite, sur les produits dérivés, c’est bien ma crainte
Je m’explique, si un artiste dépend d’une marque , je crains des
dérives pour le coup assez inquiétantes les marques n’iront que vers
les blockbusters donc exit les musiques de niche, croyez vous que Coca
ou Orange va prendre des risques artistiques j’en doute
C’est pourquoi je continue de penser que l’achat à l’acte permet une
plus grande liberté artistique, puisque vous rémunérez directement
l’oeuvre
Mais je suis d’accord que l’époque est faite pour trouvez des nouveaux
modèles et une plus juste répartition ce qui va mettre ne colère notre
ami Die’s man qui souhaite une société non régulée visiblement
J’ajoute juste un point important, quand vous êtes artiste ou
producteur, vous prenez déjà un risque de ne pas rencontrez un public
ce qui n’est pas le cas de nombreux métiers, il me semble juste et
souhaitable que lorsque ce dernier , il soit rémunéré




pascal rossini
July 15, 2009 at 10:46


Je te soutiens a 100% dans ton argumentaire, un article culte qui sera une référence. Bravo




Nicolas
July 15, 2009 at 14:24


Ce débat est stérile. Je ne vois pas l’intérêt ni des uns ni des
autres à défendre leurs positions respectives. Je ne suis pas convaincu
non plus que la contribution de Stéphanie soit aussi “culte” que
certains veulent bien le croire, j’ai en tout cas beaucoup de peine à
comprendre ce qu’il apporte de constructif au débat. A noter que d’un
point de vue pratique s’agissant du premier mythe, la plupart des
librairies paient des royalties à ce que l’on appelle des Copyright
Clearance Centers qui reversent ces sommes aux auteurs et que souvent
aussi, les CD ou DVD sur lesquels on copie ceux de nos amis sont
eux-aussi grevés d’une taxe qui part dans la poche des auteurs.
Cela étant, je travaille pour l’un des plus grands éditeurs au monde
dans son domaine et nous sommes bien évidemment touchés aussi par ce
que j’appelle la copie non-autorisée. Nos publications, protégées par
le droit d’auteur, sont photocopiées. Comme elles sont également
souvent publiées en format électronique, elles sont reproduites,
partagées, disponibles sur les réseaux P2P et ailleurs en même temps
qu’elles sont en vente auprès de nos distributeurs générant un revenu
qui permet à pas mal de vivre.
Partant de là, il y a deux approches au problème.
La première approche est de lutter contre la copie non-autorisée et
la soit-disant perte de revenu qui en découle. Je dis bien soit-disant
perte car il n’y a absolument aucun moyen précis de connaître son
ampleur. Tout ce qui est avancé par les uns ou les autres est aussi
solide que l’avenir prédit par Elisabeth Tessier. Or, lutter contre la
copie non-autorisée impose des gros investissements. Certains engagent
des batteries d’avocats, d’autres protègent leurs oeuvres par des
techniques ou des technologies souvent aussi coûteuses que facilement
contournables et tout cela est généralement supporté par des campagnes
médiatiques elles-aussi très coûteuses. Cela sans compter les effets de
bords de la lutte, eux aussi coûteux puisqu’il y a généralement
dégradation de l’image de marque de la société, on passe pour les
méchants, et un risque auprès des clients existants quand ceux-ci
doivent supporter les désavantages des mesures de protection mises en
place. Donc cela fait-il sens, d’un point du vue strictement
économique, d’investir autant d’argent sans aucun certitude sur le ROI?
La réponse est clairement non. A noter ici que par rapport au second
mythe, le fait d’empêcher un téléchargement non-autorisé ne génèrera
jamais systématiquement une nouvelle vente.
La seconde approche est de s’intéresser à son client, à ses besoins
et à s’efforcer d’y répondre aussi bien que possible. Car en regardant
d’un oeil objectif son marché, quelle que soit la nature de l’activité,
on remarque que l’essentiel se compose de gens foncièrement honnêtes et
prêts à payer pour un service lorsque celui-ci répond à leurs attentes.
A ce niveau on se retrouve avec deux cas. Soit l’offre répond
exactement aux attentes de la demande et l’entreprise doit accepter de
vivre avec la portion d’individus qui continuera à ne pas jouer le jeu.
Punkt schluss. Peut-on espérer réduire un jour à néant le vol à la tire
? Non. C’est la même chose ici quels que soient les termes utilisés, le
premier mythe évoqué n’est qu’un jeu absurde sur les mots. Par contre,
il est véritablement faux de dire qu’un téléchargement pirate est une
vente perdue.
Le second cas est celui où l’offre ne répond pas aux attentes de la
demande auquel cas, l’entreprise doit mieux cerner les besoins de son
marché et investir pour les satisfaire. Le potentiel de ROI devient
dans ce cas précis beaucoup plus intéressant. En ce qui nous concerne,
d’une part en communiquant, d’autre part en offrant beaucoup plus de
flexibilité dans l’utilisation de nos publications, notre approche nous
a permis de faire évoluer nos revenus de plus de 39% en deux ans par
rapport au taux de croissance habituel: notre marché s’est étendu et
certains clients ont accepté de payer une prime pour des prestations
qui répondaient mieux à leur besoin.
Moralité, il vaut mieux s’intéresser à ses clients plutôt que de perdre son temps avec les pirates.
Nicolas




an.archi
July 15, 2009 at 18:24


@pinard
J’ai lu avec attention vos commentaires, mais ne vois aucune
argumentation étayée de liens, ou références précises. D’après le
dernier commentaire, ils arrivent et je suis donc impatient d’enfin
lire quelque chose qui me fera peut-être changer d’avis sur le sujet.
Jusque là, mis à part un mal de crâne manifeste pour avoir essayé de
déchiffrer vos propos, je n’ai rien trouvé de très pertinent ou nouveau
à me mettre sous la dent, désolé. Si vous souhaitez convaincre, prenez
le temps de vous relire et d’affiner des arguments.
Je ne suis pas producteur, et mis à part des membres de ma famille
qui sont musiciens, je n’ai pas de lien direct avec l’industrie
musicale, mais vous comprendrez aisément que le public en a marre
d’entendre des inepties similaires à celles que l’on nous balance à
l’Assemblée Nationale Française en ce moment pour justifier des lois
qui vous utilisent peut-être vous aussi, en tant que producteur.
Je veux bien admettre que tous les producteurs ne sont pas à ranger
dans le même panier, et que comme certaines musiques sont des machines
industrielles à faire du fric et d’autres plus artisanales, le métier
de producteur connait ces mêmes variations. Reste que rien ne m’a
convaincu dans vos propos.
Merci d’avoir essayé, cela dit. J’attends les chiffres vérifiables dont vous nous parlez.




an.archi
July 15, 2009 at 19:13


@Nicolas
J’aime ce discours censé et économiquement humain…
Le problème principal reste que certaines personnes sont à
convaincre, et que d’autres (ou les mêmes) menacent directement
certaines libertés.




pascal rossini
July 15, 2009 at 20:47


Nicolas, ton discours est old fashion, il ne s’agit d’arbitrer un
combat qui est perdu pour les éditeurs de contenu qui doivent créer de
nouveaux modèles d’affaire autour de leur activité. C’est cela, vos
priortités, en lieu et place de défendre des intérêts dont la valeur
décline chaque jour. La presse, l’édition, l’industrie de la
musique/film et la télévison sont condamnées à disparaitre sous leurs
formes actuelles, reconnaissez le et inventez aujourd’hui l’avenir de
votre activité!




Nicolas
July 15, 2009 at 22:18


Pascal,
Tu ne m’as pas bien lu ou alors je me suis mal exprimé et je m’en
excuse. Car ce que j’ai essayé d’expliquer est précisément que ces
industries comme la mienne perdent leur temps à s’acharner à défendre
leurs intérêts. Et je ne dis rien d’autre qu’il est effectivement
essentiel d’être inventif et créer de nouveaux modèles quand je conclus
qu’il faut se concentrer sur les besoins des clients. Actuels, c’est
très important, et futurs, c’est vital.
D’ailleurs, je le paie souvent de ma personne lors de présentations
sur le sujet, en particulier aux USA où l’approche défensive, voire
répressive, remporte encore et toujours un grand succès. Pas facile
crois-moi, surtout quand on représente un éditeur important et que de
surcroît on bataille contre les DRM. J’ai essuyé pas mal de lancés de
tomates, oeufs et autres accessoires, sauf les chaussures mon honneur
est sauf.
Maintenant, je n’ai pas beaucoup de sympathie pour les discours
extrêmes et ces condamnations à mort qui reflètent souvent une
méconnaissance du terrain. C’est évidemment sympa pour l’égo que de
jouer les évangélistes et les prédicateurs. C’est assez à la mode et ça
fait bien. Le problème est que s’il y a des tonnes de blogueurs aussi
forts les uns que les autres pour dresser des avis des décès de
l’industrie de l’édition, de la presse et des médias, ils ne sont guère
méritants. Bien moins nombreux ceux qui apportent de (bonnes et
véritables) idées. Car l’exercice de création de nouveaux modèles est
extrêmement complexe, plus encore quand il s’agit de faire transiter
une industrie d’un état à un autre. Dans le domaine de l’édition qui
est le mien, je n’ai encore rien vu de suffisamment original, novateur
et puissant.
En ce qui mon concerne et à mon modeste niveau, je persévère et
continue de travailler sur de nouveaux modèles. Car si d’aventure je
suis le premier à sortir avec The Solution, il est certain que je terminerai ma vie sans avoir à me soucier du résultat de mon deuxième pilier.
Belle soirée à toutes et tous,
Nicolas



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