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 'industrie du savon de Marseille

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Fleur

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MessageSujet: 'industrie du savon de Marseille   Ven 23 Avr 2010 - 20:28



Wiki: Savon de Marseille (1/2)




Le savon de Marseille est un type de savon particulièrement efficace par son pouvoir
nettoyant, utilisé pour l’hygiène du
corps. Ce produit résulte de la saponification d'un mélange
d'huiles essentiellement végétales par la soude. Il peut être fabriqué de façon industrielle
ou artisanale. Une teneur de 72 % en masse d’acide gras était garantie dans le savon de
Marseille traditionnel, uniquement préparé à partir d'huile
d'olive.

La formule de ce savon a été réglementée sous
Louis XIV au XVIIe
siècle
. Au XIXe siècle, Marseille compte quatre-vingt-dix
savonneries. Cette industrie florissante est à la pointe de la
chimie de l'époque. Elle connaît son apogée en 1913 avec 180
000 tonnes produites. Après 1950, l'essor des détergents de
synthèse précipite son déclin.
Savons de Marseille



Sommaire:
1. Histoire
2. Fabrication du savon de
Marseille

3. Le savon de Marseille
aujourd'hui

4. Voir aussi
5. Bibliographie
6. Notes et
références


1. Histoire


1. 1. La création de l'industrie du
savon de Marseille



Savon d'Alep



En France, le savon est utilisé depuis
l' Antiquité. Aurélien Vezier
rapporte dans son Histoire naturelle que les Gaulois emploient un produit à base de
suif et de cendres
pour se teindre les cheveux en roux. Ce savon sert de gel et de
décolorant à cheveux.

Article détaillé : savon d'Alep.

L'origine du savon de Marseille provient du
savon d'Alep
existant depuis des milliers d'années. Le mode de fabrication
originaire de la ville d'Alep en Syrie,
à base d'huile d'olive et
de laurier s'est répandu à travers le
bassin méditerranéen, à la suite des Croisades, en passant par l'Italie et l'Espagne,
pour atteindre Marseille.

Marseille possède des
manufactures de savon à partir du XIIe siècle
qui utilisent comme matière première l'huile d'olive extraite en Provence la
plus proche. La soude, terme qui à l’époque
désigne un carbonate de
sodium
plus ou moins pur, provient des cendres des plantes des
milieux salins, en particulier la salicorne [1] .
Crescas Davin est au XIVe siècle le
premier savonnier officiel de la ville. En 1593, Georges Prunemoyr,
dépassant le stade artisanal, fonde la première fabrique
marseillaise.

Au début du XVIIe
siècle, la production des savonneries marseillaises peine à
satisfaire la demande de la ville et son terroir. Le port de
Marseille reçoit même des savons de Gênes et d'Alicante. Mais la guerre rompant
l'approvisionnement d'Espagne, les savonniers marseillais
doivent augmenter leur production de façon à pouvoir fournir
l'Europe occidentale, d'abord le nord du Grand Royaume de
France, les îles britanniques, la Hollande et surtout
l'Allemagne, où les acheteurs pressent leurs commandes avant le
grand collapsus de la Guerre de Trente Ans
[2] .

En 1660, on compte dans la ville sept fabriques
dont la production annuelle s'élève à près de 20 000 tonnes.
Sous Louis XIV, la qualité
des productions marseillaises est telle que "le savon de
Marseille" devient un nom commun. Il s'agit alors d'un
savon de couleur cafe qui se vend principalement en barre de 5 kg
ou en pains de 20 kg.

Le 5 octobre 1688, un édit
de Louis XIV [3] , signé par Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay
fils de Colbert, secrétaire de la Maison du
Roi, réglemente la fabrication du savon. Selon l'article III de
l'édit : «On ne pourra se servir dans la fabrique de savon,
avec la barrille, soude ou cendre, d'aucune graisse, beurre ni
autres matières ; mais seulement des huiles d'olives pures, et
sans mélange de graisse, sous peine de confiscation des
marchandises». Les manufactures de savons doivent cesser leur
activité l’été car la chaleur nuit à la qualité du savon. Le
respect de cette réglementation assure la qualité du savon et fait
la renommée des savonneries marseillaises.

Dans le même temps, des fabriques de savon
s'installent dans la région, à Salon-de-Provence, Toulon ou Arles.
1. 2. L'industrie du savon



En 1786, quarante-huit savonneries produisent à
Marseille 76 000 tonnes, emploient 600 ouvriers et un volant de
main d'oeuvre au plus fort de la saison de fabrication, 1 500
forçats prêtés par l’arsenal
des galères
.

Après les désordres économiques causés par la
Révolution
française
, l'industrie marseillaise continue à se
développer jusqu'à compter soixante-deux savonneries en
1813. La soude est dorénavant obtenue à
partir de sel de mer, d'acide sulfurique résultat de la
combustion du soufre, de calcaire et de charbon de bois, par application du
récent procédé chimique de Nicolas
Leblanc
[4] .
Factorerie Fabre à Porto-Novo
(Dahomey, 1895)




À partir de 1820, de
nouvelles matières grasses sont importées et transitent par le
port de Marseille. Les huiles de
palme, d'arachide, de coco et de sésame en provenance d'Afrique ou du
Moyen-Orient sont utilisées pour la fabrication du savon.

Les savonneries marseillaises subissent la
concurrence des savonneries anglaises ou parisiennes, ces dernières
emploient du suif qui donne un savon moins
cher.

Au début du XXe siècle,
la ville de Marseille possède quatre-vingt-dix savonneries.
François Merklen fixe en
1906 la formule du savon de Marseille : 63 % d’huile de coprah ou de palme, 9 % de soude ou sel marin, 28 %
d'eau. Cette industrie est florissante jusqu'à la Première Guerre mondiale
la difficulté des transports maritimes des graines porte gravement
atteinte à l'activité des savonniers. En 1913, la production
représente 180 000 tonnes et n'est plus que 52 817 tonnes en
1918.

Après la guerre, la savonnerie bénéficie des
progrès de la mécanisation bien que la qualité du produit reste due
à l'emploi des anciens procédés et la production remonte pour
atteindre 120 000 tonnes en 1938. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate,
Marseille assure encore la moitié de la production française mais
les années qui suivent sont désastreuses. Le savon est supplanté
par les détergents de synthèse et
les savonneries marseillaises ferment les unes après les
autres.

Il ne reste aujourd’hui qu’une poignée de
fabricants dans la région.
1. 3. La fabrication de savon
d'huile dans les îles grecques




Dans les îles grecques, à Mytilène notamment, il existait encore il y
a une centaine d'années des petites usines qui fabriquent du
savon à base d'huile
d'olive
.

Dans les villages, on extrayait l'huile
d'olive avec des presses en bois et le fabriquant de savon
rachetait les déchets riches en huiles. Le fabricant possèdait des
presses à huile en métal et extrayait l'huile restante très
chargée en acide (aujourd'hui une huile de ce type est
raffinée). L'huile extraite servait de base à la fabrication de
savon et les déchets de l'extraction ultime servait à
entretenir les feux.

On retrouvait un tel procédé à Mytilène et à
Rhodes. À Rhodes, le fabricant venait de
Mytilène et s'appelait Agiakatsika. Les maisons qu'il fit
construire pour ses filles sont des chefs d'œuvre du
néo-classicisme grec.
2. Fabrication du savon de Marseille



La saponification de corps gras est la réaction que
les maîtres savonniers marseillais conduisaient en cuve
traditionnelle ou industrielle.
2. 1. La saponification



Article détaillé : saponification.

Le savon de Marseille résulte d'une réaction chimique de saponification. C'est une simple
hydrolyse alcaline, de corps gras par une base forte
[5] . Les esters que sont les corps gras
issue de graisses animales sont
hydrolysés en milieu alcalin par une base, la soude NaOH [6] .
L'hydrolyse des esters produit du
glycérol,(glycérine) et un mélange
de carboxylates de sodium, c'est-à-dire des sels métalliques
d'acides gras, qui constituent le composant déterminant du
savon sous une phase condensée, parfois dénommée semi-cristalline
après sèchage [7] .
2. 2. Le procédé marseillais



Le procédé marseillais est un procédé discontinu de
fabrication du savon. Il se compose de plusieurs étapes :
2. 2. 1. L'empâtage et
l’épinage




On introduit en même temps les matières grasses et
la soude dans une cuve ou dans un chaudron de grande contenance, et
on les mélange tout en les chauffant à 120°C. La saponification
démarre. La température élevée sert à accélérer la réaction de
saponification. Les graisses et la soude ne sont pas miscibles.
Pour faciliter la réaction, on met un fond de savon provenant
d'une précédente fabrication qui sert à former une émulsion entre les phases huileuses et
aqueuses [8] . C’est pour la même raison
qu’on agite le mélange.

On soutire ensuite la glycérine obtenue, qui
rejoint la phase aqueuse en fond de cuve. Ainsi, l'industrie du
savon donne naissance à des industries annexes. Une autre exemple
d'industrie annexe est la "stéarinerie" ou
fabrication des bougies par précipitation de l'acide stéarique en ajoutant un acide
dans une solution de savon à base de gras saturé comme le suif.
2. 2. 2. La cuisson



On ajoute de la soude pour avoir une réaction plus
complète des matières grasses. Si une partie des matières grasses
ne réagissait pas avec la soude, elle risquerait de rancir et
poserait des problèmes de conservation. La pâte est cuite plusieurs
heures.
2. 2. 3. Le relargage



La pâte est nettoyée à l’eau salée pendant
plusieurs heures pour éliminer la soude en excès. On opère avec une
solution aqueuse saturée en chlorure de sodium soit 360g de NaCl
par litre d'eau. Le savon est très peu soluble dans l’eau salée
à la différence de la soude. Il forme un précipité que l’on récupère par
soutirage.

Le savon terminé ne contient plus du tout de soude,
car, si le lavage est soigné, l'eau salée a entraîné la soude,
les autres impuretés de l'huile ainsi que la glycérine.
C'est la délipidation du savon.
2. 2. 4. La liquidation



La pâte est mise au repos. Elle peut être lavée à
l’eau.
2. 2. 5. Le coulage et le
séchage




La pâte fluide est versée dans des moules, puis le
savon humide est mis à sécher pour le durcir.
2. 2. 6. Le découpage et
l’estampillage




Le savon solidifié est découpé en cubes puis
marqué. À l'origine, le savon de Marseille traditionnel affiche
72% d'huile d'olive. Il contient cette teneur massique en
acide gras, acide gras provenant de l'huile d'olive. Ce
pourcentage était estampillé sur le savon.

3. Le savon de Marseille
aujourd'hui



3. 1. Utilisation



Le savon de Marseille est d'abord un produit de
propreté dont l'usage corporel quotidien est avéré depuis
plusieurs siècles, en particulier pour les mains et le visage. Il
sert aussi de nettoyant ménager et au lavage du linge. On trouve
des paillettes de savon de Marseille pour la lessive. On l’emploie
notamment pour laver le linge des personnes allergiques et des bébés parce qu’il ne
contient pas d’ingrédients allergisants.
3. 2. Une définition officielle



Le terme « savon de Marseille » n’est nullement une
appellation d'origine contrôlée, il correspond seulement à une
méthode de fabrication qui est approuvée depuis mars 2003 par la

Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes
ou DGCCRF, placée sous l'égide du
ministère des finances. Cette méthode est issue d'un code
validé unilatéralement par l’Association
française des industries de la détergence, de l'entretien et
des produits d'hygiène industrielle
ou AFISE. Ce code
définit la méthode de fabrication, basée sur les quatre étapes
historiques que sont l'empâtage/cuisson, le relargage de la
glycérine, le lavage et la liquidation, afin d'assurer
l'obtention d'une phase cristalline lisse à 63 % d’acides gras minimale. Elle définit également
des contraintes en matière de chargement de corps gras, exclut les
huiles acides exception faite des huiles de grignon d'olives.
Elle admet le suif sous réserve d'une qualité conforme au
réglement Européen CE 1774/2002 sur les dérivés animaux utilisables
en cosmétique.

Enfin, ce "code du savon de Marseille"
limite les additifs et exclut en particulier les tensio-actifs de
synthèse. Les additifs utilisables doivent être conformes à la
directive CE 76/768 relative à la mise sur le marché des produits
cosmétiques, d'hygiène et de toilette. Ce code distingue une
qualité dite savon de Marseille Brut, sans colorant, sans parfum,
sans additifs. Il n'y a donc pas d'obligation de fabriquer
un savon à Marseille pour qu'il puisse avoir l'appellation.
L'appellation est liée au procédé de saponification dit
"marseillais", mis au point suite à la découverte de
fabrication chimique de la soude caustique, le procédé Leblanc.

Ce code est très large et permet à une grande
quantité de savons d'origines diverses de bénéficier de
l'appellation Savon de Marseille.

Dans la région marseillaise, seules quatre
savonneries continuent à fabriquer du savon comme il se fabriquait
il y a trois siècles : la Compagnie du savon de Marseille ([2]), la
savonnerie du Sérail ([3]), la savonnerie Marius Fabre
([4]) et la savonnerie de la Licorne
([5]). Beaucoup de sociétés se disent
savonnerie ou revendiquent la notion Maître Savonnier. Ce ne sont
en fait que des "conditionneurs" de savon. La base savon
provient essentiellement d'Asie du Sud-Est et le travail
consiste uniquement à colorer, parfumer et mouler cette base savon
fabriquée selon un procédé moderne qui peut bénéficier de
l'appellation Marseille selon le code de l'AFISE.

La Savonnerie de l'Atlantique ([6]), installée à Rezé, dans l'agglomération nantaise, produit depuis plus de 60 ans du savon,
dont du savon de Marseille, selon le procédé historiquement
reconnu. Nantes est également un site majeur de production de savon
en France, avec plus de 30 savonneries qui ensemble emploient 300
personnes à temps plein.
3. 3. Le savon artisanal



Un savon de Marseille traditionnel se présente sous
la forme d’un gros cube de 600 grammes, sur lequel est gravé « 72%
d’huile » et le nom de la savonnerie.

Le savon artisanal dit à l’huile d’olive est
aujourd'hui composé d’huile d’olive, d’huile de coprah et
d’huile de palme. La couleur du savon à l’huile d’olive oscille
entre le marron et le vert.

On trouve aussi du savon de Marseille blanc,
composé d’huile d’arachide, d’huile de coprah et d’huile de
palme.

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MessageSujet: Re: 'industrie du savon de Marseille   Jeu 23 Juin 2011 - 21:23

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