LA PETITE MAISON TRANQUILLE
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 La foire aux textes

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MessageSujet: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 16:56

Gustave Flaubert


Madame Bovary (extrait)

[...]La journée fut longue, le lendemain ! Elle se promena dans son jardinet, passant et revenant par les mêmes allées, s’arrêtant devant les plates-bandes, devant l’espalier, devant le curé de plâtre, considérant avec ébahissement toutes ces choses d’autrefois qu’elle connaissait si bien. Comme le bal déjà lui semblait loin ! Qui donc écartait, à tant de distance, le matin d’avant-hier et le soir d’aujourd’hui ? Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu’un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se résigna pourtant ; elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu’à ses souliers de satin, dont la semelle s’était jaunie à la cire glissante du parquet. Son cœur était comme eux : au frottement de la richesse, il s’était placé dessus quelque chose qui ne s’effacerait pas.

Ce fut donc une occupation pour Emma que le souvenir de ce bal. Toutes les fois que revenait le mercredi, elle se disait en s’éveillant : « Ah ! il y a huit jours... il y a quinze jours..., il y a trois semaines, j’y étais ! » Et peu à peu, les physionomies se confondirent dans sa mémoire, elle oublia l’air des contredanses, elle ne vit plus si nettement les livrées et les appartements ; quelques détails s’en allèrent, mais le regret lui resta.[...]
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:01

Théophile Gautier

Le Capitaine Fracasse (extrait)

« LE CHÂTEAU DE LA MISÈRE

Sur le revers d’une de ces collines décharnées qui bossuent les Landes, entre Dax et Mont-de-Marsan, s’élevait, sous le règne de Louis XIII, une de ces gentilhommières si communes en Gascogne, et que les villageois décorent du nom de château.

Deux tours rondes, coiffées de toits en éteignoir, flanquaient les angles d’un bâtiment, sur la façade duquel deux rainures profondément entaillées trahissaient l’existence primitive d’un pont-levis réduit à l’état de sinécure par le nivelage du fossé, et donnaient au manoir un aspect féodal, avec leurs échauguettes en poivrière et leurs girouettes à queue d’aronde. Une nappe de lierre enveloppant à demi l’une des tours tranchait heureusement par son vert sombre sur le ton gris de la pierre déjà vieille à cette époque.

Le voyageur qui eût aperçu de loin le castel dessinant ses faîtages pointus sur le ciel, au-dessus des genêts et des bruyères, l’eût jugé une demeure convenable pour un hobereau de province ; mais, en approchant, son avis se fût modifié. Le chemin qui menait de la route à l’habitation s’était réduit, par l’envahissement de la mousse et des végétations parasites, à un étroit sentier blanc semblable à un galon terni sur un manteau râpé. » [...]
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:06


Cyrano de Bergerac



La Lune était en son plein, le ciel était découvert, et neuf heures du soir étaient sonnées lorsque nous revenions d’une maison proche de Paris, quatre de mes amis et moi. Les diverses pensées que nous donna la vue de cette boule de safran nous défrayèrent sur le chemin. Les yeux noyés dans ce grand astre, tantôt l’un le prenait pour une lucarne du ciel par qui l’on entrevoyait la gloire des bienheureux ; tantôt l’autre protestait que c’était la platine où Diane dresse les rabats d’Apollon ; tantôt un autre s’écriait que ce pourrait bien être le soleil lui-même, qui s’étant au soir dépouillé de ses rayons regardait par un trou ce qu’on faisait au monde quand il n’y était plus.

« Et moi, dis-je, qui souhaite mêler mes enthousiasmes aux vôtres, je crois sans m’amuser aux imaginations pointues dont vous chatouillez le temps pour le faire marcher plus vite, que la Lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune. »[...]

Doc: L’autre monde,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:09

Henri Bernardin de Saint-Pierre

« Sur le côté oriental de la montagne qui s’élève derrière le Port-Louis de l’île de France, on voit, dans un terrain jadis cultivé, les ruines de deux petites cabanes. Elles sont situées presque au milieu d’un bassin formé par de grands rochers, qui n’a qu’une seule ouverture tournée au Nord. On aperçoit à gauche la montagne appelée le morne de la Découverte, d’où l’on signale les vaisseaux qui abordent dans l’île, et au bas de cette montagne la ville nommée le Port-Louis ; à droite, le chemin qui mène du Port-Louis au quartier des Pamplemousses ; ensuite l’église de ce nom, qui s’élève avec ses avenues de bambous au milieu d’une grande plaine ; et plus loin une forêt qui s’étend jusqu’aux extrémités de l’île. On distingue devant soi, sur les bords de la mer, la baie du Tombeau ; un peu sur la droite, le cap Malheureux ; et au-delà, la pleine mer, où paraissent à fleur d’eau quelques îlots inhabités, entre autres le coin de Mire, qui ressemble à un bastion au milieu des flots.

À l’entrée de ce bassin, d’où l’on découvre tant d’objets, les échos de la montagne répètent sans cesse le bruit des vents qui agitent les forêts voisines, et le fracas des vagues qui bisent au loin sur les récifs ; mais au pied même des cabanes on n’entend plus aucun bruit, et on ne voit autour de soi que de grands rochers escarpés comme des murailles. Des bouquets d’arbres croissent à leurs bases, dans leurs fentes, et jusque sur leurs cimes, où s’arrêtent les nuages. Les pluies que leurs pitons attirent peignent souvent les couleurs de l’arc-en-ciel sur leurs flancs verts et bruns, et entretiennent à leurs pieds les sources dont se forme la petite rivière des Lataniers. Un grand silence règne dans leur enceinte, où tout est paisible, l’air, les eaux et la lumière. À peine l’écho y répète le murmure des palmistes qui croissent sur leurs plateaux élevés, et dont on voit les longues flèches toujours balancées par les vents. Un jour doux éclaire le fond de ce bassin, où le soleil ne luit qu’à midi ; mais dès l’aurore ses rayons en frappent le couronnement, dont les pics s’élevant au-dessus des ombres de la montagne paraissent d’or et de pourpre sur l’azur des cieux. [...] »

Doc: Paul et Virginie
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:11

Jules Boissière

[...]

« Minuit.

Nous entrons dans la case du vieil Antoine. En sortant d’un café, à l’heure de la fermeture, nous avons suivi les deux rues chinoises, l’une prolongeant l’autre, es mes jamais endormies qui, par leurs portes grillées d’énormes bambous, couchent, en travers de la chaussée, de grands rectangles de clarté barrée de lignes l’ombre. Les Célestes travaillent, fument ou jacassent dans chaque boutique. Les cercles autorisés flamboient par toutes les fenêtres, et le son argentin des piastres qui s’entrechoquent nous poursuit.

Puis, des rues vagues noyées dans l’ombre : c’est le village annamite aux basses paillotes. Quelques soldats et marins, permissionnaires, ou en bordée illicite, passent en se donnant le bras, puis de bruyantes bandes le matelots servant au commerce. À gauche, miroite et luit sous la lune l’eau frissonnante d’un arroyo, inquiétante et sinistre dans ce grand calme d’un village exotique dont le silence n’est coupé que par un aboiement le chien, un chant d’ivrogne, ou le pas lourd d’un européen isolé. » [...]

Doc: Propos d’un (...)
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:13


Jacques Bossuet


[...] « C’est l’appât ordinaire des ambitieux : ils plaignent toujours le public, ils s’érigent en réformateurs des abus, ils deviennent sévères censeurs de tous ceux qu’ils voient dans les grandes places. Pour eux, que de beaux desseins ils méditent ! Que de sages conseils pour l’État ! que de grands sentiments pour l’Église ! que de saints règlements pour un diocèse. Au milieu de ces desseins charitables et de ces pensées chrétiennes, ils s’engagent dans l’amour du monde, ils prennent insensiblement l’esprit du siècle ; et puis, quand ils sont arrivés au but, il faut attendre les occasions, qui ne marchent qu’à pas de plomb, et qui enfin n’arrivent jamais. Ainsi périssent tous ces beaux desseins et s’évanouissent comme un songe toutes ces grandes pensées. » [...]

Doc: Sermon sur l’ambition
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:15


Louis Antoine de Bougainville

« Au roi

SIRE,

Le voyage dont je vais rendre compte est le premier de cette espèce entrepris par les Français et exécuté par les vaisseaux de VOTRE MAJESTÉ. Le monde entier lui devait déjà la connaissance de la figure de la terre. Ceux de vos sujets à qui cette importante découverte était confiée, choisis entre les plus illustres savants français, avaient déterminé les dimensions du globe.

L’Amérique, il est vrai, découverte et conquise, la route par mer frayée aux Indes et aux Moluques, sont des prodiges de courage et de succès qui appartiennent sans contestation aux Espagnols et aux Portugais. L’intrépide Magellan, sous les auspices d’un Roi qui se connaissait en hommes, échappa au malheur si ordinaire à ses pareils, de passer pour un visionnaire ; il ouvrit la barrière, franchit les pas difficiles et, malgré le sort qui le priva du plaisir de ramener son vaisseau à Séville d’où il était parti, rien ne put lui dérober la gloire d’avoir le premier fait le tour du globe. Encouragés par son exemple, les navigateurs anglais et hollandais trouvèrent de nouvelles terres et enrichirent l’Europe en l’éclairant.

Mais cette espèce de primauté et d’aînesse en matière de découvertes n’empêche pas les navigateurs français de revendiquer avec justice une partie de la gloire attachée à ces brillantes mais pénibles entreprises. Plusieurs régions de l’Amérique ont été trouvées par des sujets courageux des Rois vos ancêtres ; et Gonneville, né à Dieppe, a le premier abordé aux terres australes. Différentes causes tant intérieures qu’extérieures ont paru depuis suspendre à cet égard le goût et l’activité de la maison.

VOTRE MAJESTÉ a Voulu profiter du loisir de la paix pour procurer à la géographie des connaissances utiles à l’humanité. Sous vos auspices, SIRE, nous sommes entrés dans la carrière ; des épreuves de tout genre nous attendaient à chaque pas, la patience et le zèle ne nous ont pas manqué. C’est l’histoire de nos efforts que j’ose présenter à VOTRE MAJESTÉ, votre approbation en fera le succès.

Je suis avec le plus profond respect,
DE VOTRE MAJESTÉ,
SIRE,
Le très humble et très soumis serviteur et sujet, DE BOUGAINVILLE. »

Doc: Voyage autour du monde
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:17

Jacques Cazotte

« J’étais à vingt-cinq ans capitaine aux gardes du roi de Naples : nous vivions beaucoup entre camarades, et comme de jeunes gens, c’est-à-dire, des femmes, du jeu, tant que la bourse pouvait y suffire ; et nous philosophions dans nos quartiers quand nous n’avions plus d’autre ressource. Un soir, après nous être épuisés en raisonnements de toute espèce autour d’un très petit flacon de vin de Chypre et de quelques marrons secs, le discours tomba sur la cabale et les cabalistes. Un d’entre nous prétendait que c’était une science réelle, et dont les opérations étaient sûres ; quatre des plus jeunes lui soutenaient que c’était un amas d’absurdités, une source de friponneries, propres à tromper les gens crédules et amuser les enfants.

Le plus âgé d’entre nous, Flamand d’origine, fumait sa pipe d’un air distrait, et ne disait mot. Son air froid et sa distraction me faisaient spectacle à travers ce charivari discordant qui nous étourdissait, et m’empêchait de prendre part à une conversation trop peu réglée pour qu’elle eût de l’intérêt pour moi.

Nous étions dans la chambre du fumeur ; la nuit s’avançait : on se sépara, et nous demeurâmes seuls, notre ancien et moi.

Il continua de fumer flegmatiquement ; je demeurai les coudes appuyés sur la table, sans rien dire. Enfin mon homme rompit le silence.

- Jeune homme, me dit-il, vous venez d’entendre beaucoup de bruit : pourquoi vous êtes-vous tiré de la mêlée ?

- C’est, lui répondis-je, que j’aime mieux me taire que d’approuver ou blâmer ce que je ne connais pas : je ne sais pas même ce que veut dire le mot de cabale.

- Il a plusieurs significations, me dit-il ; mais ce n’est point d’elles dont il s’agit, c’est de la chose. Croyez-vous qu’il puisse exister une science qui enseigne à transformer les métaux et à réduire les esprits sous notre obéissance ?

- Je ne connais rien des esprits, à commencer par le mien, sinon que je suis sûr de son existence. Quant aux métaux, je sais la valeur d’un carlin au jeu, à l’auberge et ailleurs, et ne peux rien assurer ni nier sur l’essence des uns et des autres, sur les modifications et impressions dont ils sont susceptibles.

- Mon jeune camarade, j’aime beaucoup votre ignorance ; elle vaut bien la doctrine des autres : au moins vous n’êtes pas dans l’erreur, et si vous n’êtes pas instruit, vous êtes susceptible de l’être. Votre naturel, la franchise de votre caractère, la droiture de votre esprit, me plaisent : je sais quelque chose de plus que le commun des hommes ; jurez-moi le plus grand secret sur votre parole d’honneur, promettez de vous conduire avec prudence, et vous serez mon écolier. » [...]

Doc: Le Diable amoureux,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:19

Alphonse Daudet

Le Petit Chose

[...] « Je suis né le 13 mai 18..., dans une ville du Languedoc où l’on trouve, comme dans toutes les villes du Midi, beaucoup de soleil, pas mal de poussière, un couvent de carmélites et deux ou trois monuments romains.

Mon père, M. Eyssette, qui faisait à cette époque le commerce des foulards, avait, aux portes de la ville, une grande fabrique dans un pan de laquelle il s’était taillé une habitation commode, tout ombragée de platanes, et séparée des ateliers par un vaste jardin.

C’est là que je suis venu au monde et que j’ai passé les premières, les seules bonnes années de ma vie. Aussi ma mémoire reconnaissante a-t-elle gardé du jardin, de la fabrique et des platanes un impérissable souvenir, et lorsque à la ruine de mes parents il m’a fallu me séparer de ces choses, je les ai positivement regrettées comme des êtres. » [...]
Doc: Les contes du lundi,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:21

René Descartes



« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les vus sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement, peuvent avancer beaucoup davantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent. »[...]

Doc: Discours de la méthode,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:24

Alexandre Dumas fils



« Mon avis est qu’on ne peut créer des personnages que lorsque l’on a beaucoup étudié les hommes, comme on ne peut parler une langue qu’à la condition de l’avoir sérieusement apprise.

N’ayant pas encore l’âge où l’on invente, je me contente de raconter.

J’engage donc le lecteur à être convaincu de la réalité de cette histoire dont tous les personnages, à l’exception de l’héroïne, vivent encore. » [...]

Doc: La dame aux camélias
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:26


Alexandre Dumas père



[...] Le voyage du jeune homme fut assez triste dans cette France qu’il avait tant désirée. Ce n’était pas qu’en se rapprochant du centre il éprouvât autant de difficultés qu’il en avait rencontré pour se rendre aux frontières ; non, la République française faisait meilleur accueil aux arrivants qu’aux partants.

Toutefois on n’était admis au bonheur de savourer cette précieuse forme de gouvernement qu’après avoir accompli un certain nombre de formalités passablement rigoureuses.

Ce fut le temps où les Français surent le moins écrire, mais ce fut le temps où ils écrivirent le plus. Il paraissait donc, à tous les fonctionnaires de fraîche date, convenable d’abandonner leurs occupations domestiques ou plastiques, pour signer des passeports, composer des signalements, donner des visas, accorder des recommandations, et faire, en un mot, tout ce qui concerne l’état de patriote. Jamais la paperasserie n’eut autant de développement qu’à cette époque. Cette maladie endémique de l’administration française, se greffant sur le terrorisme, produisit les plus beaux échantillons de calligraphie grotesque dont on eût pu parler jusqu’à ce jour.

Hoffmann avait sa feuille de route d’une exiguïté remarquable. C’était le temps des exiguïtés : journaux, livres, publications de colportage, tout se réduisait au simple in-octavo pour les plus grandes mesures. La feuille de route du voyageur, disons-nous, fut envahie dès l’Alsace par des signatures de fonctionnaires qui ne ressemblaient pas mal à ces zigzags d’ivrognes qui toisent diagonalement les rues en battant l’une et l’autre muraille.

Force fut donc à Hoffmann de joindre une feuille à son passeport, puis, une autre en Lorraine, où surtout les écritures prirent des proportions colossales. Là où le patriotisme était le plus chaud, les écrivains étaient plus naïfs. Il y eut un maire qui employa deux feuilles, recto et verso, pour donner à Hoffmann un autographe ainsi conçu :

« Auphemann, chune Allemans, ami de la liberté se rendan à Pari ha pié.
Signé, Golier. »

Muni de ce parfait document sur sa patrie, son âge, ses principes, sa destination et ses moyens de transport, Hoffmann ne s’occupa plus que du soin de coudre ensemble tous ces lambeaux civiques, et nous devons dire qu’en arrivant à Paris, il possédait un assez joli volume, que, disait-il, il ferait relier en fer-blanc, si jamais il tentait un nouveau voyage, parce que, forcé d’avoir toujours ces feuilles à la main, elles risquaient trop dans un simple carton.
[...]

Doc: La femme au collier de velours
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:27

Paul Féval

Le Bossu ou le petit Parisien

Il y avait autrefois une ville en ce lieu, la cité de Lorre, avec des temples païens, des amphithéâtres et un capitole. Maintenant, c’est un val désert où la charrue paresseuse du cultivateur gascon semble avoir peur d’émousser son fer contre le marbre des colonnes enfouies. La montagne est tout près. La haute chaîne des Pyrénées déchire juste en face de vous ses neigeux horizons, et montre le ciel bleu du pays espagnol à travers la coupure profonde qui sert de chemin aux contrebandiers de Venasque. À quelques lieues de là, Paris tousse, danse, ricane et rêve qu’il guérit son incurable bronchite aux sources de Bagnéres-de-Luchon ; un peu plus loin, de l’autre côté, un autre Paris, Paris rhumatisant, croit laisser ses sciatiques au fond des sulfureuses piscines de Baréges-les-Bains. Éternellement, la foi sauvera Paris, malgré le fer, la magnésie ou le soufre !

C’est la vallée de Louron, entre la vallée d’Aure et la vallée de Barousse, la moins connue peut-être des touristes effrénés qui viennent chaque année découvrir ces sauvages contrées ; c’est la vallée de Louron avec ses oasis fleuries, ses torrents prodigieux, ses roches fantastiques et sa rivière, sa brune Clarabide, sombre cristal qui se meut entre deux rives escarpées avec ses forêts étranges et son vieux château vaniteux, fanfaron, invraisemblable comme un poème de chevalerie.[...]
Doc Le Bossu ou le petit parisien (1)
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:30

Anatole France


LE LIVRE DE PIERRE

Net mezzo del cammin di nostra vita...

Au milieu du chemin de la vie...

Ce vers, par lequel Dante commence la première cantate de La Divine Comédie, me vient à la pensée, ce soir, pour la centième fois peut-être. Mais c’est la première fois qu’il me touche.

Avec quel intérêt je le repasse en esprit, et comme je le trouve sérieux et plein ! C’est qu’à ce coup j’en puis faire l’application à moi-même. Je suis, à mon tour, au point où fut Dante quand le vieux soleil marqua la première année du XIVème siècle. Je suis au milieu du chemin de la vie, à supposer ce chemin égal pour tous et menant à la vieillesse.

Mon Dieu ! je savais, il y a vingt ans, qu’il faudrait en arriver là : je le savais, mais je ne le sentais pas. Je me souciais alors du milieu du chemin de la vie comme de la route de Chicago. Maintenant que j’ai gravi la côte, je retourne la tête pour embrasser d’un regard tout l’espace que j’ai traversé si vite, et le vers du poète florentin me remplit d’une telle rêverie, que je passerais volontiers la nuit devant mon feu à soulever des fantômes. Les morts sont si légers, hélas !

Il est doux de se souvenir. Le silence de la nuit y invite.

Son calme apprivoise les revenants, qui sont timides et fuyants par nature et veulent l’ombre avec la solitude pour venir parler à l’oreille de leurs amis vivants. Les rideaux des fenêtres sont tirés, les portières pendent à plis lourds sur le tapis. Seule une porte est entrouverte, là, du côté où mes yeux se tournent par instinct. Il en sort une lueur d’opale ; il en vient des souffles égaux et doux, dans lesquels je ne saurais distinguer moi-même celui de la mère de ceux des enfants.

Dormez, chéris, dormez ! [...]

Doc: Le livre de mon ami,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:32

Johann Wolfgang von Goethe


[...] LE BOUFFON

Oh ! la postérité ! c’est un mot bien sublime !
Mais le siècle présent a droit à quelque estime,
Et, si pour l’avenir je travaillais aussi,
Il faudrait plaindre enfin les gens de ce temps-ci :
Ils montrent seulement cette honnête exigence
De vouloir s’amuser avant leur descendance...
Moi, je fais de mon mieux à les mettre en gaîté ;
Plus le cercle est nombreux, plus j’en suis écouté !
Pour vous qui pouvez tendre à d’illustres suffrages,
À votre siècle aussi consacrez vos ouvrages :
Ayez le sentiment, la passion, le feu ! C’est tout...
Et la folie ! il en faut bien un peu.
[...]

Doc: Faust,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:34

Homère



[...] Dis-moi, Muse, cet homme subtil qui erra si longtemps, après qu’il eut renversé la citadelle sacrée de Troie. Et il vit les cités de peuples nombreux, et il connut leur esprit ; et dans son cœur, il endura beaucoup de maux, sur la mer, pour sa propre vie et le retour de ses compagnons. Mais il ne les sauva point, contre son désir ; et ils périrent par leur impiété, les insensés ! Ayant mangé les bœufs de Hèlios Hypérionade. Et ce dernier leur ravit l’heure du retour. Dis-moi une partie de ces choses, Déesse, fille de Zeus.[...]

Doc: L’Odyssée,
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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:38

Victor Hugo


Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant :

- Ah ! ce n’est qu’un rêve ! - Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entre ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille : - Condamné à mort ! [...]

Doc Le dernier jour d’un condamné

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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 17:43

Franz Kafka



En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu’une carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu’à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la corpulence qu’il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux.

« Qu’est-ce qui m’est arrivé ? » pensa-t-il. Ce n’était pas un rêve. Sa chambre, une vraie chambre humaine, juste un peu trop petite, était là tranquille entre les quatre murs qu’il connaissait bien. Au-dessus de la table où était déballée une collection d’échantillons de tissus - Samsa était représentant de commerce - on voyait accrochée l’image qu’il avait récemment découpée dans un magazine et mise dans un joli cadre doré. Elle représentait une dame munie d’une toque et d’un boa tous les deux en fourrure et qui, assise bien droite, tendait vers le spectateur un lourd manchon de fourrure où tout son avant-bras avait disparu.

Le regard de Gregor se tourna ensuite vers la fenêtre, et le temps maussade - on entendait les gouttes de pluie frapper le rebord en zinc - le rendit tout mélancolique. « Et si je redormais un peu et oubliais toutes ces sottises ? » se dit-il ; mais c’était absolument irréalisable, car il avait l’habitude de dormir sur le côté droit et, dans l’état où iI était à présent, il était incapable de se mettre dans cette position.

Quelque énergie qu’il mît à se jeter sur le côté droit, il tanguait et retombait à chaque fois sur le dos. Il dut bien essayer cent fois, fermant les yeux pour ne pas s’imposer le spectacle de ses pattes en train de gigoter, et il ne renonça que lorsqu’il commença à sentir sur le flanc une petite douleur sourde qu’il n’avait jamais éprouvée. [...]

Doc: La métamorphose,

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MessageSujet: Re: La foire aux textes   La foire aux textes Icon_minitime1Sam 5 Fév 2011 - 23:19

Un poème plein de suspense et d’humour

L’heure du crime


Minuit. Voici l’heure du crime.
Sortant d’une chambre voisine,
Un homme surgit dans le noir.
Il ôte ses souliers,
S’approche de l’armoire
Sur la pointe des pieds
Et saisit un couteau
Dont l’acier luit, bien aiguisé.
Puis, masquant ses yeux de fouine
Avec un pan de son manteau,
Il pénètre dans la cuisine
Et, d’un seul coup, comme un bourreau
Avant que ne crie la victime,
Ouvre le cœur d’un artichaut.

Maurice Carême
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